Podcast Limerté - Episode 62

Ce que le marathon m'a vraiment appris — Épisode 62 du podcast Limerté

Dans cet épisode du podcast Limerté, j’enregistre quatre jours après avoir couru mon premier marathon — et je te raconte tout, des coulisses les moins glamour aux prises de conscience les plus profondes.

Il y a 15 mois, je courais difficilement 2 km. Le 26 avril 2026, j’ai franchi la ligne d’arrivée des 42 km. Mais ce dont je veux te parler, ce n’est pas la performance. C’est ce que cette préparation de quatre mois m’a appris sur moi — et que j’aurais pu appliquer à n’importe quel projet qui fait peur.

J’explore six leçons concrètes : l’obsession comme force (et non comme défaut), ce qu’on projette sur les obstacles, la puissance du mental et de la stratégie « un pas à la fois », la notion de « kilomètre 30 » dans tout projet, ce que tout ça m’a ancré dans le corps — et le moment, sur la ligne d’arrivée, où j’ai vu mes filles avec leurs pancartes « Allez maman. »

Un épisode pour celles qui ont un projet en tête depuis trop longtemps, qui ont peur de ne pas être prêtes, et qui ont besoin d’entendre que non, on n’a pas besoin d’être prête à 100 % pour se lancer.

1. De 2 km à 42 km : comment cette décision est née

J’enregistre cet épisode le 30 avril 2026. Il y a quatre jours, j’ai couru mon premier marathon — 42 km. Juste pour remettre le contexte : il y a 15 mois, en janvier 2025, je courais difficilement 2 km.

J’ai envie de vous partager ça dans un épisode aujourd’hui, parce que ce que j’ai vécu dépasse largement la performance sportive. Ce que j’ai appris sur moi pendant ces quatre mois de préparation est directement applicable à n’importe quel projet qui fait peur. Donc aujourd’hui, je vous emmène avec moi du moment où j’ai décidé de courir ce marathon jusqu’à la ligne d’arrivée — et je vous préviens que je vais vous partager des trucs intimes.

Comment la décision est venue ?

Il y a 15 mois, je courais 2 km — et c’était déjà pas mal. Dans un espace de coaching, la coach nous a proposé de nous lancer un défi : c’était la semaine de l’audace. On devait poser des actions audacieuses. Et moi, parmi ce que j’ai fait cette semaine-là, j’ai décidé de m’inscrire à un trail de 10 km pour le mois de mars 2025.

En mars 2025, j’ai couru ces 10 km. Après cette course, je me suis dit : OK, c’est bon, je crois que je suis prête à faire un peu plus. Je me suis inscrite à un 14 km en juillet 2025. Et après ce 14 km : OK, j’ai envie de passer un step, je sais que j’en suis capable, je vais y aller, ça va me demander de l’engagement, mais je vais le faire. Je me suis donc inscrite pour octobre 2025 à un 28 km avec du dénivelé — toujours en trail.

Après ce 28 km, je me souviens très bien : j’ai dit « plus jamais. » C’était mort, plus jamais cette distance. Beaucoup d’entraînement, beaucoup d’engagement, j’avais mal aux jambes — plus jamais.

Et puis, le 1er janvier 2026, on est à table avec des copains. Mon conjoint avait couru un marathon en novembre 2025, et moi j’étais allée le voir sur le parcours et sur la ligne d’arrivée. L’ambiance était juste dingue. Et je m’étais dit : moi aussi j’ai envie de vivre ça — alors que lui, il était dans un état pas franchement reluisant après 42 km.

Donc le 1er janvier, mon conjoint annonce qu’il veut refaire un marathon, celui qui est fin avril, pas très loin de chez nous. Et là je me dis : attends, trop bien, moi aussi j’ai envie de faire ça. On va le faire ensemble.

J’acte le 1er janvier : c’est bon, je vais courir ce marathon en avril 2026. Ça me laissait quatre mois pour m’entraîner. Entre-temps, pour d’autres raisons, mon conjoint a décidé de ne pas le courir — ce qui, après coup, était une très bonne décision, parce que s’entraîner ensemble avec des enfants, c’est compliqué. Mais voilà comment j’ai décidé.

Mon conjoint a lancé l’idée. Moi, je me suis dit « Ouah, ça me chauffe. » Et avant même de laisser la place à « c’est dans quatre mois, tu seras pas prête, comment tu vas t’entraîner, il faut que tu changes de chaussures… » — j’ai dit : j’ai envie de le faire. J’y vais.

2. L'obsession n'est pas un défaut — c'est une force

Il y a un truc qui est très fort chez moi : je ne sais pas faire les choses à moitié. Je suis obsessionnelle — et c’est une force. Je l’ai souvent vu comme un défaut, aujourd’hui je sais que c’est une force.

Ça veut dire quoi concrètement, le fait d’être obsessionnelle, sur le marathon ? Le 1er janvier, j’ai acté que j’allais le faire. Le 2 janvier, j’avais défini mon plan d’entraînement et commencé à m’entraîner. J’ai aménagé mon quotidien pour pouvoir aller courir trois fois par semaine. Quand on s’entraîne pour un marathon, il y a des sorties courtes — mais il y a aussi des sorties longues. Il m’est arrivé de partir deux à trois heures pour aller courir. Ça empiète sur le temps, sur l’entreprise (je suis à mon compte), sur la vie de famille, sur les amis.

Être obsessionnelle, ça a aussi voulu dire arrêter de boire de l’alcool pendant trois mois complets. Pas « presque zéro » — zéro. Dans des sorties avec des copains, tu pourrais très bien dire « allez, juste un verre. » Non : tu prends une eau pétillante à table. J’adore bien manger, j’adore bien boire, donc ça m’a challengée. Ça m’a demandé d’être obsédée par cette ligne d’arrivée.

Et j’ai trouvé ça super fort de voir à quel point on en est capable quand on sait pourquoi on se met un objectif, quand on sait que ça parle de nous si on le tient ou pas.

J’ai aussi refusé certaines sorties pour dormir un peu plus, fait plus attention à mon sommeil. Une personne de mon entourage m’a dit : « Tu sais vraiment pas faire les choses à moitié. C’est obligatoire de faire tout ça pour courir un marathon ? » Non. Il y a plein de gens qui vont courir un marathon en s’entraînant plus ou moins, en continuant de boire. L’exemple de mon frère, qui a couru avec moi et plus vite que moi — en continuant de boire et de fumer des clopes jusqu’à la veille.

Donc non, ce n’est pas une obligation. Mais moi, je ne sais pas faire les choses à moitié. Et je trouve que c’est vraiment une force : quand je décide quelque chose, j’y vais entièrement. Au lean, comme on dit. Et j’y vais au lean dans ma vie, dans mon entreprise.

La semaine qui a précédé le marathon, il y avait trois soirées de networking dont une journée complète à Grenoble. Je me suis posé la question de si c’était un peu trop, sachant que je courais un marathon. Et puis non — mon entreprise est aussi importante que le reste. J’y vais au lean parce que je sais que ces espaces sont pour moi, que je vais rencontrer des personnes intéressantes, que je vais apprendre des choses.

Je suis obsessionnelle dans ma maternité aussi — j’ai lu une tonne de bouquins sur la grossesse, l’accouchement, l’après. Plutôt que de prendre une consultation avec une consultante en sommeil, j’ai acheté une formation pour être moi-même consultante en sommeil, pour accompagner correctement mes filles. Plutôt que de demander conseil au pédiatre sur l’alimentation, j’ai pris une formation sur la DME.

Ma pile de livres à lire en ce moment, c’est que des bouquins de coaching, de comment amener son entreprise plus loin, de penser plus grand, de changer de paradigme, d’oser. C’est parce que je suis obsédée que je suis excellente — parce que je ne laisse rien au hasard.

Et quand j’accompagne, je ne vous accompagne pas à moitié. Je vous donne tout ce que je sais, tout ce que je connais. Je partage des épisodes de podcast, des bouquins, des prises de conscience que moi-même j’ai faites, des événements, des personnes à suivre. Je suis obsessionnelle avec le fait que vous sortiez d’un accompagnement avec un bénéfice concret.

La question que j’ai envie de te poser : si vous avez un projet en ce moment — est-ce que vous le diluez dans 1 000 autres choses ? Est-ce que vous lui donnez vraiment de l’importance ?

Se demander si on donne de l’importance à son projet, c’est aussi une manière de voir si on est vraiment engagée. J’ai eu récemment une discussion avec une maman qui avait envie d’écrire un livre. L’idée était là depuis longtemps. Sauf qu’écrire un livre demande d’avoir du temps — pas deux minutes par jour, mais de vraies plages horaires. Et le premier truc qu’elle m’a dit : « J’ai pas envie de changer mon organisation. »

OK. Donc tu n’es pas au lean. Et ce n’est pas forcément un problème. Mais la question est : est-ce que tu n’as pas envie de changer ton organisation parce que finalement, écrire ce livre n’est pas si important ? Auquel cas il faut changer d’objectif. Ou est-ce que tu n’as pas envie de changer ton organisation parce que tu as peur de ce qu’en dira ton entourage ? Parce que tu as peur que ça t’oblige à vraiment écrire ce livre ?

Selon la réponse, la suite est complètement différente.

Quand vous avez une envie de projet : ne vous restreignez pas. Vous avez le droit d’être excessive, obsessionnelle, too much. C’est votre projet. Il n’y a que vous qui savez quel niveau d’énergie vous avez envie de lui donner. Et si vous vous dites « j’ai pas envie de changer quoi que ce soit pour ça » — est-ce que dans ce cas, le projet est le bon ?

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3. Ce qu'on projette sur les obstacles — et comment les traverser

Deux semaines avant le marathon, j’ai commencé à avoir très mal au bas du dos. Je me suis réveillée, j’ai soulevé ma fille, j’ai vraiment entendu un bruit. Le soir, j’étais mal, j’avais mal dormi, je ne pouvais pas me plier en deux. C’était vraiment douloureux.

À dix jours du marathon, j’avais deux options. La première : c’est un signe de l’univers que je ne dois pas courir. La deuxième : c’est un signe de l’univers pour voir si je suis capable de mettre en place tout ce qu’il faut pour être sur la ligne de départ. Pour vérifier que ce projet, j’en suis à la hauteur.

Je ne suis pas en train de dire qu’il faut aller courir malgré tous les signes que le corps envoie. Ce que j’ai fait, ce n’est pas d’aller courir avec un dos douloureux. C’est d’aller voir mon énergéticienne, mon ostéopathe, de faire des massages tous les jours, de me reposer, de faire des étirements. Je ne suis pas allée courir les dix jours qui ont précédé le marathon pour ne pas me refaire mal.

Résultat : le jour du départ, j’avais une petite sensibilité, mais pas de douleur — et je n’ai pas eu mal du tout pendant le marathon.

Ce que j’adore, c’est que je sais qu’il y a encore quelques mois, j’aurais pu me dire « c’est un signe, il faut pas que j’y aille. » Mais les signes, c’est juste une projection. Et tu peux décider quel type de signe c’est.

Exemple : tu es en train d’acheter une maison et la banque refuse ton prêt. Tu as deux options. Option 1 : c’est un signe, je n’achète pas cette maison. Option 2 : je sais que cette maison est la mienne. Le signe, c’est qu’il faut que je trouve un autre moyen de me financer. Et peut-être qu’en cherchant ce moyen, tu vas avoir des discussions, trouver quelqu’un qui te finance à un taux encore meilleur — et en fait tu y gagnes. L’univers t’avait juste envoyé un truc pour que tu ailles grandir dans cette expérience.

C’est exactement ce que j’ai vécu avec le marathon. Et j’ai un autre exemple à partager — moins glamour, mais plus drôle. Minute intimité.

Les quatre jours qui ont précédé le marathon, j’étais constipée. Je n’avais pas fait caca. D’habitude, c’est tous les jours. Ma kiné préférée m’a donné une liste de trucs à faire pour relancer ma digestion. Ça n’a pas fonctionné. J’étais certaine que courir allait me donner envie. Ça n’a pas raté : au 10e kilomètre, j’ai senti mes intestins qui se mettaient en route.

J’avais des petits frissons et je me suis dit : OK, là, va falloir que je fasse caca. Sauf qu’on est 900 personnes à courir, avec des gens partout au bord de la route, pas de toilettes. Qu’est-ce qu’on fait ? On rigole — et puis on trouve un arbre.

Je vous raconte ça parce qu’il y a plein de choses qu’on fait en cachette, dont on a honte, alors que c’est naturel. Qui dans ce monde ne fait pas caca ? Évidemment que courir, ça remue. J’aurais très bien pu me dire « je ne peux pas continuer. » Non : deux solutions — soit t’arrêtes, soit tu vas trouver un arbre. Et on repart.

C’est vraiment toi qui décides si c’est un signe de l’univers pour t’arrêter ou pour continuer.

4. Un pas à la fois — et le kilomètre 30 de tout projet

Mon mental est vraiment mon meilleur allié. Et j’ai compris sur ce marathon que je suis vraiment très adepte du « un pas à la fois. »

Concrètement, voici ce qui s’est passé. J’ai couru les 10 premiers kilomètres avec mon frère, puis il est parti devant. Jusqu’au 20e, j’allais bien. À partir du 22e, ça a commencé à tirer sur les jambes — mais il y a eu une bascule dans mon cerveau : jusqu’au 21e, je montais la montagne. À partir du 22e, je suis de l’autre côté, dans la deuxième moitié.

Je savais qu’au 30e kilomètre, mon conjoint serait là avec mes filles, ma belle-sœur, ma sœur. Un vrai comité de soutien. Ça m’a tenu : je vais jusqu’au 30e, j’ai tout le monde qui m’attend.

Du 22e au 30e, ça a commencé à être rude. Estomac noué, marre des trucs sucrés, jambes qui font mal. J’ai vu tout le monde au 30e, je décide de ne pas m’arrêter trop longtemps pour ne pas me couper, je repars — et au 32e, je n’en pouvais plus. Je me mets à marcher.

À ce moment-là, je reçois un message de mon frère : « J’ai très mal aux genoux, je suis devant toi mais je marche, tu vas me rattraper. » Et je me suis dit : OK, c’est mon message. Ne marche pas, cours, continue, vas-y. Je me suis remise à courir. Mon frère s’était remis à courir entre-temps, donc je ne l’ai jamais rattrapé — mais il m’a tenu mentalement pendant 10 km, du 32e au 42e. Je me disais : allez, je vais le rattraper, on continue, on marche pas.

Au 34e-35e, j’ai recroisé ma belle-sœur, ma sœur et mes nièces — ça m’a redonné un coup de boost. Du 35e au 42e, c’était un kilomètre à la fois. Je me fixais des objectifs : « Tu es au 35e, tu vas jusqu’au panneau 36. Au panneau 36, tu peux marcher. » J’arrivais au 36e, je faisais trois pas, je me disais : « OK, on va jusqu’au panneau 37. »

Qu’est-ce que ça veut dire concrètement ?

Quand tu as un énorme projet et que tu ne regardes que l’arrivée, c’est vertigineux. Au kilomètre 1 du marathon, quand le panneau dit « plus que 41 km » — c’est mort, t’as pas envie d’y aller. Par contre si tu te dis « je vais au kilomètre 2, puis au 3, puis au 4 » — tu arrives à un moment au kilomètre 42.

Diviser son projet, ce n’est pas juste une technique — c’est du génie. Et ça marche pour tout :

  • Tu veux écrire un livre ? Ne pense pas au livre — pense à chaque chapitre, à la fois.
  • Tu veux apprendre une langue ? Ne pense pas à cette conversation fluide que tu vas avoir. Pense d’abord à comment tu vas te présenter, comment tu commandes un truc au restaurant.
  • Tu veux te remettre au sport ? Ne pense pas à soulever 20 kilos. Pense d’abord à aller à la salle, demander conseil, monter sur le tapis sans poids.

Chaque étape est une vraie célébration — parce que chaque étape envoie à ton cerveau le fait que tu en es capable. Et plus tu entraînes ton cerveau à voir que tu es capable, plus il est OK pour aller encore plus loin.

Et il y a aussi le kilomètre 30.

Dans tout projet, il y a un kilomètre 30. C’est le moment où tu as envie d’arrêter, où tu te demandes pourquoi tu fais ça, où tu te dis que ce n’est pas pour toi, que c’est trop difficile.

Pendant que je courais, j’ai fait le lien avec l’accouchement. Kilomètre 1, tu arrives en maternité, tu es bien, tu vas rencontrer ton bébé. Kilomètre 10, tu as un peu de contractions, ça va, tu respires. Kilomètre 20, ça commence à tirer, tu prends la péri, ça soulage — un peu comme les gens au bord de la route qui t’encouragent. Kilomètre 30 : tu désespères, ça fait trop mal, t’en as marre, « sortez-moi ce bébé » ou « je veux pas qu’il sorte. » C’est pareil au kilomètre 30 d’un marathon : je ne veux pas courir, il reste encore 12 km, j’en ai plein le dos, je veux m’arrêter.

Et pourtant tu tiens — parce que quand tu accouches, c’est une évidence que ce bébé va sortir. Et pour moi, quand je courais, c’était une évidence que j’allais finir ces 42 km.

Quand j’étais au 36e kilomètre, ce n’était plus la question de savoir si j’allais aller au bout. C’était « est-ce que j’y vais en courant ou en marchant ? » — mais c’était évident que j’allais arriver.

Ce petit kilomètre 30, il arrive pour tout le monde. La question, c’est : est-ce que tu es prête à le passer ? Et qu’est-ce que tu te dis à ce moment-là ?

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5. Ce que mes filles au bord de la route m'ont appris sur la maternité

La dernière prise de conscience que j’ai eue — elle est venue ancrer quelque chose dans mon corps, pas seulement dans ma tête. C’est que tout ce que je fais aujourd’hui me dépasse.

Tout ce que je fais, je sais que c’est un chemin pour mes filles. Pas dans le sens « elles vont prendre le même chemin » — dans le sens : je leur donne la permission de prendre leur propre chemin.

Pendant les quatre mois d’entraînement, mes filles me voyaient aller courir et me posaient la question « tu vas où ? » Jusqu’à ce que tous les matins, ma plus petite — 2 ans et demi — me dise « elle va courir, maman » — même quand j’étais en talon et en jupe. Pour elle, c’était devenu une évidence : maman va courir. Maman prend soin d’elle. Maman prend soin de ses projets.

Elles sont venues m’encourager sur le trajet avec des pancartes « Allez maman. » Rien que d’y penser, j’en ai les larmes aux yeux. C’était incroyable de les voir au bord de la route.

On passe notre temps, en tant que parents, à encourager nos enfants. À quel moment nos enfants nous encouragent-ils ?

Et là ce que j’ai vu, c’est mes filles qui m’encourageaient à courir — mais je l’ai vraiment vécu comme : elles m’encourageaient à continuer à être entière, à être vivante, à faire des choses qui me nourrissent moi. Parce que je suis convaincue qu’inconsciemment, elles ont très bien intégré que sur ces quatre derniers mois — et même ces deux dernières années — plus je suis vivante pour moi, plus je suis entière et alignée avec ce que je fais, plus notre relation est belle.

Ce que j’ai vu ce dimanche-là, c’est vraiment ça : leur montrer que tout est possible. Tu peux être maman de deux enfants de moins de 5 ans, entrepreneuse à ton compte, ne bosser que quatre jours par semaine, et courir un marathon. Le tout sans t’épuiser, sans abandonner tes enfants, en ayant une relation belle avec ton conjoint, des amis qui t’encouragent, une famille qui te soutient, des clients incroyables.

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6. Ce que je veux que tu retiennes : décider, tracer sa route, ne pas attendre d'être prête

Ce que j’ai envie que vous reteniez vraiment de cet épisode, c’est que vous n’avez pas besoin d’être prête à 100 % pour vous lancer. Parce que vous ne le saurez jamais.

Vous n’avez pas non plus besoin que tout le monde vous comprenne. Quand j’ai dit que j’allais courir un marathon, j’ai eu des personnes qui m’ont dit « c’est très difficile, est-ce que tu es bien entraînée ? » — je sais que ça part d’un bon sentiment. Mais quand vous avez un projet qui dépasse la moyenne de ce que font les gens, tracez votre route.

Ça vaut pour tout. Dans l’entrepreneuriat, combien de fois on m’a donné des conseils sur comment mener mon business, alors que la personne en face était dans un job salarié de 9h à 18h avec un salaire qui tombe tous les mois.

Si vous voulez faire des choses extraordinaires — des choses qui dépassent la moyenne —, vous devez agir d’une manière complètement différente de ce que fait la moyenne des gens. Et quand je dis « des choses extraordinaires », ça ne veut pas dire traverser l’Atlantique à la nage. Des choses extraordinaires, ce sont des choses qui ne sont pas la norme dans la société.

Rien que d’être une mère libre — une mère qui ne se sacrifie pas, une mère qui sait qui elle est et pourquoi elle agit, une mère qui se donne de l’importance, une mère qui s’aime pour qui elle est et pas pour ce qu’elle fait — c’est être en dehors de la norme. Et pour faire ça, ça veut dire tracer sa route et accepter que tout le monde ne comprendra pas.

Il y a eu récemment une femme sur Instagram qui ne me connaissait pas, qui m’a envoyé un message pour me demander comment je « justifiais » le fait d’avoir des enfants et de faire tout ce que je fais — sous-entendant qu’elles devaient beaucoup être gardées par d’autres et que je ne les voyais pas assez. C’était plein de suppositions et de projections, parce que ce n’est pas du tout le cas dans ma vraie vie. Elle comprenait juste pas que j’ai envie d’exister en dehors de mon rôle de mère — et c’est OK. Je lui ai répondu. Elle a dit « je comprends pas, mais d’accord. » Basta.

Vous n’avez pas besoin que tout le monde comprenne pour agir. Vous avez juste besoin de décider. Et ensuite d’agir, un pas à la fois.

Mon mantra depuis un moment : je décide, j’agis, je deviens. Et je crois qu’il va même évoluer — parce que le « je deviens » est au début et à la fin. Ce sera l’objet d’un autre épisode.

J’espère que cet épisode vous a donné envie — l’envie d’avoir envie. J’ai l’intention qu’il vous donne envie d’oser lancer ce projet qui attend là dans votre tête depuis des semaines, des mois, des années. Allez-y. Lancez ce projet. Au pire, vous aurez appris des trucs énormes.

L’obsession, au sens d’un engagement total envers ce qu’on a décidé, n’est pas un défaut — c’est une force. Ce n’est pas une question de perfection, c’est une question de cohérence : est-ce que les choix que tu fais au quotidien sont alignés avec ce que tu veux vraiment ? S’engager à 100 % ne veut pas dire se détruire — ça veut dire donner à ton projet l’importance qu’il mérite. Et si tu ne peux pas lui donner cette importance, la vraie question à poser est : est-ce que c’est le bon projet ?

Les obstacles à l’approche d’une échéance importante ne sont pas des signaux pour arrêter — ce sont des occasions de tester ta capacité à t’adapter. La clé, c’est de décider toi-même ce que ces signes signifient. Fuir devant l’obstacle, c’est lui donner le pouvoir de définir ta trajectoire. Le traverser — en t’occupant de ce qui est à prendre en charge, en ralentissant si nécessaire, sans renoncer à l’objectif — c’est ce qui te prouve, à toi, que tu en es capable.

Le « kilomètre 30 », c’est ce moment dans tout projet un peu ambitieux où tu te demandes pourquoi tu fais ça, où tu as envie de tout lâcher, où ça te semble trop dur. Ce n’est pas un signe que le projet n’est pas fait pour toi — c’est souvent le signe que tu es au plus près de la vraie transformation. Passer ce cap, c’est la décision la plus importante que tu auras à prendre. Parce qu’une fois passé, la question n’est plus « est-ce que j’y vais ? » — c’est « comment j’y vais. »

En arrêtant de demander si tu es prête — parce que tu ne l’es jamais complètement, et ce n’est pas une condition nécessaire. En découpant le projet en étapes très concrètes, sans regarder l’arrivée en permanence. En aménageant ton quotidien pour donner à ce projet de l’espace réel, même petit. Et en te rappelant que tes enfants ne bénéficient pas d’une mère qui s’efface — ils bénéficient d’une mère qui leur montre que tout est possible.

Parce qu’on leur a longtemps dit — directement ou par l’exemple — que la bonne mère se sacrifie, que ses besoins passent après. Avoir un projet personnel, prendre du temps pour soi, aller courir deux heures un samedi matin — ça peut générer de la culpabilité ou des jugements. Pourtant, ce que les enfants retiennent, ce n’est pas la mère qui était toujours là au détriment d’elle-même. C’est la mère qui était vivante, entière, et qui leur a montré que choisir sa vie et aimer ses enfants ne sont pas incompatibles.

J’enregistre cet épisode le 30 avril 2026.

Il y a quatre jours, j’ai couru mon premier marathon. Il y a quatre jours, j’ai couru 42 kilomètres.

Pour remettre un peu de contexte : il y a quinze mois, en janvier 2025, je courais difficilement deux kilomètres.

Aujourd’hui, j’ai envie de vous partager cette expérience parce que ce que j’ai vécu dépasse largement la performance sportive. Ce que j’ai appris sur moi pendant ces mois de préparation est directement applicable à n’importe quel projet qui fait peur.

Je vais vous emmener avec moi du moment où j’ai décidé de courir ce marathon jusqu’à la ligne d’arrivée.

Comment la décision est venue

En 2025, je courais donc à peine deux kilomètres. À cette époque, j’étais dans un espace de coaching où la coach nous avait lancé une “semaine de l’audace”. L’objectif : poser des actions audacieuses.

Cette semaine-là, j’ai décidé de m’inscrire à un trail de 10 kilomètres prévu pour mars 2025.

Ça m’a donné une motivation immense. J’ai commencé à m’entraîner davantage, à me dépasser.

En mars 2025, j’ai couru ces 10 kilomètres.

Puis, après cette course, je me suis dit : “Ok, je crois que je suis capable d’un peu plus.”

Je me suis inscrite à un 14 kilomètres pour juillet 2025.

Puis après ce 14 kilomètres, je me suis dit : “Là, j’ai envie de passer un cap.”

Je me suis inscrite à un 28 kilomètres en trail, avec du dénivelé.

Je me souviens très bien qu’après ce 28 kilomètres, j’ai dit : “Plus jamais.”

Et puis… quelques jours plus tard, j’ai commencé à regarder les marathons.

Parce qu’en réalité, ce qui m’attirait, ce n’était pas seulement la performance physique. C’était la transformation intérieure.

Le marathon m’a appris que tout commence par une décision

Quand j’ai décidé de courir un marathon, objectivement, rien ne prouvait que j’en étais capable.

Je n’avais jamais couru cette distance. Je n’avais pas un “profil de marathonienne”. Je n’avais pas de garantie.

Mais j’ai compris quelque chose d’essentiel : la confiance vient après la décision.

On attend souvent de se sentir prêt pour agir. Mais la réalité, c’est que la sensation de capacité vient parce qu’on agit.

Le marathon m’a appris qu’on ne devient pas capable avant d’essayer. On devient capable parce qu’on essaye.

L’identité avant la performance

Pendant toute cette préparation, il y a eu quelque chose de très fort : j’ai commencé à me voir comme une marathonienne avant même de courir le marathon.

Et ça a tout changé.

Je me suis entraînée différemment. Je me suis nourrie différemment. Je me suis reposée différemment. Je me suis parlé différemment.

Parce que mon identité avait déjà changé.

Et c’est exactement pareil dans tous les projets de vie.

Quand on commence à se voir comme la personne qu’on veut devenir, les actions suivent naturellement.

Le corps sait avant la tête

Ce marathon m’a aussi reconnectée à mon corps d’une manière extrêmement puissante.

Pendant des années, j’ai vécu essentiellement dans ma tête. Dans le contrôle. Dans la réflexion. Dans l’anticipation.

Mais courir un marathon, ça oblige à écouter son corps.

Tu ne peux pas tricher.

Tu es obligée de ressentir. Tu es obligée de ralentir quand il faut ralentir. Tu es obligée de respirer. Tu es obligée d’écouter les signaux.

Et j’ai compris à quel point notre corps est une immense source d’intelligence.

Il y aura toujours des moments difficiles

Pendant la course, il y a eu des moments incroyables. Et puis il y a eu des moments extrêmement durs.

Des moments où je me suis demandé ce que je faisais là. Des moments où j’ai eu envie d’arrêter. Des moments où mon corps criait.

Mais ce qui est fascinant, c’est que chaque fois que je pensais avoir atteint ma limite… il restait encore quelque chose.

Encore un peu d’énergie. Encore un peu de mental. Encore un peu de capacité.

Et je crois que c’est vrai dans énormément de situations de vie.

On est souvent beaucoup plus capables qu’on ne le pense.

Personne ne peut courir à ta place

Le marathon m’a aussi appris quelque chose de très fort : personne ne peut faire le chemin à notre place.

On peut être entourée. Encouragée. Soutenue. Aimée.

Mais au bout d’un moment, c’est toi qui mets un pied devant l’autre.

Et ça, c’est extrêmement puissant.

Parce qu’on passe souvent beaucoup de temps à attendre :

  • le bon moment,
  • la validation,
  • l’autorisation,
  • le soutien parfait.

Mais la vérité, c’est qu’à un moment donné, il faut y aller.

Même avec la peur. Même avec le doute. Même sans garantie.

La ligne d’arrivée

Quand j’ai passé la ligne d’arrivée, il y a eu énormément d’émotions.

Pas seulement parce que j’avais couru 42 kilomètres.

Mais parce que je mesurais le chemin parcouru.

La femme qui courait difficilement deux kilomètres quinze mois auparavant venait de terminer un marathon.

Et ce moment-là m’a rappelé quelque chose de fondamental :

On change profondément quand on ose faire des choses qui nous semblent impossibles.

Pas parce qu’on réussit parfaitement. Mais parce qu’on découvre qui on devient pendant le chemin.

Ce que je retiens vraiment

Ce marathon m’a appris :

  • que la confiance vient après l’action,
  • que l’identité change avant les résultats,
  • que notre corps possède une intelligence immense,
  • qu’on est souvent bien plus capables qu’on ne le croit,
  • et qu’aucune transformation n’arrive sans inconfort.

Mais surtout, il m’a rappelé qu’on n’est pas obligées de rester les mêmes toute notre vie.

On peut évoluer. On peut se transformer. On peut devenir quelqu’un qu’on n’aurait jamais imaginé être.

Et parfois, tout commence simplement par une décision.

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Tu peux relire cet épisode, le noter, y revenir dans trois semaines. Ou tu peux décider aujourd'hui que tu mérites un cadre qui t'aide à avancer pour de vrai. Si tu veux un premier pas concret, commence avec Fais de la place. Et si tu veux qu'on travaille ensemble sur ta direction, ton identité et ta vie dans sa globalité, découvre Vivante.

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