Dans cet épisode du podcast Limerté, je prends une position qui peut sembler paradoxale : je ne crois pas au développement personnel. Alors oui, je suis coach, oui, j’accompagne les femmes à transformer leur vie — mais dans cet épisode, j’explique ce que je pense vraiment de l’industrie du développement personnel, et comment avancer autrement.
J’aborde trois choses qui me dérangent profondément dans le dev perso classique : le mythe de la « meilleure version de soi » (comme si on était un projet inachevé), l’introspection sans fin qui devient une excuse pour ne jamais agir, et le côté spirituel du contrôle — quand « manifester » et « reprogrammer ses croyances » deviennent une nouvelle forme de perfectionnisme déguisé.
Je partage ensuite ma propre expérience — notamment sur la colère, et sur le fait d’accepter d’être « pleinement moi » plutôt que de chercher à devenir quelqu’un d’autre. Et je propose une distinction centrale : la différence entre la réalisation (révéler ce qui est déjà là) et l’amélioration (réparer ce qui manquerait).
Un épisode pour toute femme fatiguée de courir après une meilleure version d’elle-même, et qui sent qu’il est temps de revenir, simplement, à qui elle est déjà.
Tu es fatiguée de courir après une meilleure version de toi même ?
Parfois il faut simplement commencer par revenir à qui tu es toi.
Découvrir mes accompagnements →Très heureuse de vous retrouver aujourd’hui pour un sujet assez simple : je ne crois pas au développement personnel.
Alors oui, je suis coach. Oui, j’accompagne les femmes à transformer leur vie. Mais dans cet épisode, je vais t’expliquer ce que je pense vraiment de l’industrie du développement personnel — et comment on peut avancer à la place.
Il y a trois choses qui me dérangent vraiment dans le dev perso classique, et je vais te les partager.
La première chose, c’est le mythe de la meilleure version de soi.
Il y a encore plein de fois où des accompagnants — souvent des coachs — vendent l’idée de s’améliorer, d’être la meilleure version de soi-même. Comme si actuellement, tu n’étais pas déjà suffisante. Comme si tu étais un projet inachevé et que toute ta valeur résidait dans ce que tu vas devenir.
Sauf que tu n’es pas une application qu’on est en train de tester et dont on va sortir une version 2.0. C’est juste toi. Et je suis convaincue que l’être humain est déjà suffisant dans comment il est.
Ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas changer des choses. Mais pour moi, un problème du dev perso, c’est de se concentrer sur ce que tu vas devenir sans commencer par aimer qui tu es aujourd’hui.
La deuxième chose qui me dérange, c’est l’introspection sans fin.
Bien sûr, aller comprendre, mettre de la clarté, aller chercher ce qui s’est joué dans le passé pour mettre des mots sur une blessure — ça aide. Mais à un moment, l’introspection devient aussi une façon de ne jamais agir. Parce qu’on va toujours chercher la blessure derrière la blessure, l’ombre derrière l’ombre. On va toujours utiliser un événement passé pour expliquer un comportement présent. Et on se retrouve à devenir notre passé.
Prenons un exemple : quelqu’un a beaucoup de mal à prendre la parole en public. Pas seulement en réunion devant cinq collègues — dès qu’il s’agit de parler en public, mains moites, tremblements, chaleur, perte des mots. Cette personne a envie de changer ça, donc elle va creuser dans son passé. Elle se rend compte qu’à l’école, elle a un jour été humiliée au tableau. Si elle remonte encore : à la maison, elle n’avait pas vraiment la place de parler avec sa famille.
Le risque de l’introspection sans fin, c’est qu’on va toujours trouver un truc derrière, toujours une raison : « c’était la faute de mes parents », « c’est l’enseignant qui n’a pas géré la classe. » Et ça devient une excuse pour ne jamais agir. « Moi, de toute façon, je ne sais pas prendre la parole en public parce que j’ai eu une mauvaise expérience étant enfant. » Et l’introspection devient une excuse.
L’introspection est utile, nécessaire, libératrice — mais à condition qu’elle débouche sur une action vers le futur. Parce que l’introspection sans fin, c’est : on comprend, on comprend, on comprend, mais on n’agit jamais. Et si tu n’agis jamais, rien ne change.
C’est comme apprendre le solfège, lire toutes les partitions de piano — à un moment, si tu ne t’assieds pas devant un piano, tu ne joueras jamais. Pour l’introspection, c’est pareil.
La troisième chose qui me dérange dans le dev perso, c’est ce que j’appellerais le côté spirituel du contrôle. J’ai l’impression qu’on a spiritualisé le contrôle.
On parle beaucoup de manifester sa vie, de reprogrammer ses croyances — et moi-même, j’en parle. Mais ce que je vois beaucoup, c’est que ça devient parfois une injonction à maîtriser complètement ce qu’on fait. En gros, on cache ce perfectionnisme, ce besoin de contrôle, derrière un truc plus spirituel. Comme si : OK, tu veux créer ça dans ta vie, vas-y, manifeste-le, change tes croyances, et ça va se passer comme ça.
Mais ce n’est pas ça, la manifestation. Ni la reprogrammation. C’est revenir à ce que tu veux vraiment, t’ouvrir à comment ça peut arriver, et faire confiance — avec des actions mises en place, bien sûr — mais sans contrôler comment ça va arriver.
Un exemple concret. Il y a un an et demi, je « manifestais » le fait d’être un jour sur scène pour prendre la parole. Comment ? J’avais mes pratiques de visualisation, je me plongeais en méditation pour me voir sur scène, ressentir cet état. Et j’avais des actions : j’allais à des événements pour voir comment ça se passait, j’essayais de prendre de plus en plus la parole sur Instagram, j’ai utilisé mon podcast de plus en plus en solo, alors qu’avant je faisais toujours intervenir d’autres personnes.
Il y a eu une mise en action — mais je n’ai jamais contrôlé à quel moment je monterais sur scène. Et ce qui s’est passé, c’est qu’à un événement où j’étais simplement spectatrice, l’organisatrice a proposé à quelqu’un du public de monter sur scène pour prendre la parole. Et là, j’ai saisi le moment. Je suis montée sur scène et j’ai pris la parole. Mais ce n’était pas prévu — je n’avais pas contrôlé comment ça allait se produire.
Il y a une grosse part du dev perso qui, sous couvert d’être spirituel, est en fait juste une maîtrise, une injonction à la maîtrise et un perfectionnisme caché. Pour moi, c’est comme du perfectionnisme qu’on a habillé de bougie et de carnet de gratitude.
Sauf que l’essence du dev perso devrait être libérateur. Et fait comme ça, c’est plutôt épuisant. Comme si le dev perso était devenu un besoin de travailler sur soi encore, encore, encore — parce qu’on n’est jamais suffisante et qu’il faut toujours aller plus loin, être toujours mieux. On a perdu l’essence même du dev perso.
Redéfinir qui tu es en tant que femme
Si tu sens que tu cours après une "meilleure version de toi" depuis trop longtemps, sans jamais te sentir arrivée — c'est exactement ce qu'on déconstruit ensemble dans mon programme Traversée. Pas pour devenir quelqu'un d'autre, mais pour révéler qui tu es déjà.
En savoir plus sur Traversée →Pour moi, le dev perso est libérateur — à condition de s’aimer à l’instant T.
Dans ma manière d’accompagner, ce qui est important, ce n’est pas de changer qui tu es. C’est de rencontrer qui tu es vraiment, et sans honte. C’est-à-dire nommer tout ce qui te compose vraiment : la part qui doute, la part qui veut contrôler, la part sauvage, la part fatiguée, la part en colère, la part qui a honte, la part blessée, la part qui veut des choses qu’elle n’ose pas assumer.
À partir du moment où on s’ouvre à toutes ces parts sans essayer de les corriger, c’est là que la vraie transformation arrive — parce qu’on redevient entière. On n’est pas en train de cacher des choses en s’élevant ailleurs.
Quand je dis que le but c’est de s’aimer, ce n’est pas de la complaisance. Ce n’est pas « il faut s’aimer comme ça, ce sera plus facile. » C’est mettre de la douceur. Et parfois, ce n’est pas facile.
Typiquement, dans le dev perso, il y a un courant que j’ai détesté : le body positive. Je voyais une injonction à aimer son corps. Mais il y a des moments dans la vie où on n’aime pas son corps — et c’est OK. Le but n’est pas de se forcer à répéter « j’aime mon corps, j’aime mon corps » alors qu’à l’intérieur, il n’y a aucun lien. Le but, c’est plutôt de dire : OK, là en ce moment, me regarder dans un miroir, c’est compliqué. Comment je peux faire pour ne pas me couper de ce corps — sans pour autant être obligée de l’aimer fondamentalement, parce que là, je n’y arrive pas ? Comment je remets du lien ?
C’est vraiment l’idée d’agir depuis le bon espace.
Personnellement, j’ai vécu ça — pas sur le corps, mais plutôt sur la colère (ce sera le sujet du prochain épisode). Il y a eu une phase où j’avais envie de régler cette colère, de la supprimer, parce que j’en avais honte, parce que je la voyais comme une part de moi que je déteste. Je voulais la couper, ne plus jamais y être confrontée.
Je suis allée faire de l’introspection : pourquoi, d’où elle vient, qu’est-ce qui la déclenche. Sauf qu’à force de mouliner là-dedans, ça ne changeait rien — ma colère était toujours là.
Ce qui a switché, c’est quand j’ai arrêté d’en avoir honte. Je me suis dit : OK, cette colère fait partie de moi. Ça ne veut pas dire que je suis ma colère, mais elle fait partie de ma manière de m’exprimer. Et après, c’est moi qui décide ce que j’en fais. Est-ce que je m’en fous d’être en colère et je vais l’exprimer comme ça ? Ou est-ce que c’est trop dur pour moi de m’exprimer avec de la colère, donc je vais petit à petit demander à l’exprimer autrement, à la décharger autrement ? Mais ce n’est pas pour la réparer ou la cacher — c’est pour en faire quelque chose qui va me servir.
Depuis que j’ai compris ça, je ressens beaucoup moins de colère au quotidien. Et quand j’en ai, ce n’est plus du tout un moment honteux. Au contraire : « ah tiens, je sens de la colère, je vais la sortir, après on n’en parle plus. » Et il n’y a plus toute cette culpabilité d’avant — pourquoi je suis encore en colère, pourquoi je suis bordée. À un moment donné, on s’en fout. La question, c’est qu’est-ce qu’on en fait.
Depuis quatre ans que je suis accompagnée, je pense qu’au début, il y avait vraiment cette quête de « je veux être mieux, je veux être meilleure, je veux être une meilleure version de moi. » Parce que je baignais très fort dans « je veux être parfaite. » J’ai grandi avec l’idée que pour être aimée, je devais être parfaite. Et je le perpétuais même en étant adulte.
Et puis j’ai compris qu’en fait, les gens ne m’aiment pas pour la perfection — ils m’aiment pour qui je suis vraiment. C’est comme ça que j’ai switché : je ne veux pas être la meilleure version de moi, je vais aller vers ce qui va me faire me sentir moi pleinement.
Être moi pleinement, c’est être capable de pleurer de rire et de pleurer de tristesse. C’est être capable de claquer une porte, de crier, et aussi de danser. C’est être capable de crier sur scène et aussi de danser dans la rue. C’est aimer pleinement, être obsessionnelle dans ce que je fais, être généreuse avec les gens que j’aime et donner sans compter quand je me sens à ma place.
Et c’est aussi assumer que j’ai de grandes ambitions, que je vais être connue, que je vais être célèbre — et que c’est OK. Même en le disant, j’ai une petite pointe de honte qui arrive. Mais c’est OK. Cette honte-là, je ne vais pas la taire — je vois qu’il y a un sujet là, je n’assume pas encore pleinement que je décide qu’un jour je serai célèbre. Le dire dans le podcast, c’est une belle manière de l’assumer. Mais c’est OK.
Pour moi, le dev perso, c’est vraiment ça : voir ce qui est, et ne pas essayer de le cacher ou de le transformer tout de suite. Pas aller écrire « pourquoi j’ai cette honte » — juste : OK, c’est là. Et on verra ce qu’on en fait.
60 heures pour te retrouver, sans faire semblant.
Cette permission de te sentir pleinement toi — avec ta colère, ta fatigue, tes ambitions, ta part sauvage — c'est ce qu'on vient cultiver pendant un week-end au Mama's Break. Pas pour devenir une meilleure version de toi-même, mais pour rentrer chez toi un peu plus toi.
Réserver ma place au prochain Mama's Break →Vraiment, dans la manière d’accompagner, dans ce que je propose, dans tous mes espaces, c’est la différence entre la réalisation et l’amélioration.
Quand vous entrez dans mes espaces, vous ne venez pas réparer ce qui manque. Vous ne venez pas vous améliorer. Vous venez vous réaliser — révéler ce qui est déjà là, et qui a peut-être été caché sous des piles d’injonctions, de croyances, d’histoires, de vécu. On va déblayer pour révéler ce qui est déjà là. On ne va pas transformer, réparer, améliorer.
Pour moi, la réalisation, c’est rendre réel ce qui existe déjà en potentiel. Ce n’est pas construire quelque chose de nouveau sur les ruines de l’ancien. C’est oser déblayer le terrain, regarder ce qui est là, et décider ce qu’on veut amplifier.
Entrer dans un espace comme ceux que je propose — que ce soit les accompagnements sur plusieurs mois, le Mamas Break, ou les événements courts de quelques jours — ça demande du courage, mais pas de la discipline.
La différence : la discipline, on se force. C’est un espace de « il faut y aller, c’est dur, c’est OK, on y va, go » — un espace de combattant. Ça, c’est s’améliorer. C’est de la discipline. Vous voulez devenir hyper fort dans un sport ? Vous allez devoir vous entraîner et avoir la discipline d’y aller tous les jours, même quand vous n’avez pas envie.
Le courage, pour la réalisation, c’est le courage d’aller voir qui on est, et de regarder en face ce qu’on veut vraiment et ce qu’on ne veut plus — même quand c’est dérangeant.
Pourquoi c’est dérangeant ? Parce que ce qui se passe souvent avec les femmes que j’accompagne, c’est qu’elles arrivent en disant : « Je veux ressentir ça dans ma vie, je veux me sentir plus libre, je veux de la communication fluide avec mon conjoint, je veux retrouver de la spontanéité. » Et on va aller regarder la vie qu’elles ont construite, tout ce qu’elles ont empilé au-dessus de leur désir, de leur potentiel. À un moment donné, il va falloir avoir le courage de regarder à quel moment elles ont fait ces choix, à quoi ça leur a servi, et de se demander : est-ce que ça, j’en veux encore ou pas ? Et d’aller regarder ce qu’on veut vraiment.
Est-ce que tu es sûre que c’est vraiment une relation fluide que tu veux avec ton conjoint ? Et si oui, qu’est-ce que ça va te demander, à toi ?
Le dev perso, c’est aussi accepter que chacun évolue à son rythme. Et je trouve qu’il y a parfois, dans les contenus de dev perso, une part de : si tu fais du dev perso, tu es supérieur ; si tu n’en fais pas, tu es vraiment nulle. Je le caricature, mais il y a vraiment des contenus où je me dis « c’est tellement loin de comment je vois la chose. »
Un peu comme cette même distinction sur le côté spirituel ou pas. « Les gens qui méditent, qui font des rituels chamaniques, eux ils ont compris, ils ont une sorte de sagesse — les autres, ils n’ont rien compris. » Mais assumer ça, pour moi, c’est être complètement déconnecté de la spiritualité.
Le dev perso, c’est pareil : ce n’est pas « si tu en fais, tu es bien ; si tu n’en fais pas, tu es nulle. » Il y a plein de gens qui ne mettront jamais le mot « dev perso » sur le chemin qu’ils prennent, et pourtant, ils sont dans une réalisation tellement plus puissante que des personnes qui vont lire des dizaines de bouquins de dev perso sans jamais bouger d’un iota dans leur vie. Parce que ce n’est pas juste comprendre des choses — c’est agir, et agir depuis le bon espace.
Dans mes espaces, je n’accompagne pas à devenir quelqu’un d’autre. J’accompagne vraiment à oser être pleinement soi, et à construire une vie depuis cette personne-là.
C’est ce que j’ai vécu moi-même, il y a quatre ans, quand j’ai commencé ce chemin — sans même mettre le mot « dev perso » dessus. J’étais empêtrée dans une vie qui ne me ressemblait pas du tout. Et ça a été incroyable de me demander : qu’est-ce que je veux, qu’est-ce que je ne veux pas, et qu’est-ce que ça m’engage à faire et à être ?
C’est en décidant — OK, je veux la liberté de temps pour pouvoir continuer à apprendre tous les jours. Je veux la liberté de décider comment je m’organise, quand je suis avec mes enfants ou pas. Je veux vivre des expériences dans mon quotidien, parce que je suis une exploratrice, je veux vivre des aventures. Et la vie que j’avais il y a quatre ans ne me le permettait pas.
J’ai vraiment construit ma vie actuelle sur ce que je voulais voir et vivre. Je ne suis pas devenue quelqu’un d’autre. J’ai l’impression d’être revenue à mon essence — et ça me met les larmes aux yeux de le dire, je ne l’avais pas anticipé.
Je n’ai pas l’impression de devenir quelqu’un d’autre. J’ai vraiment l’impression d’enlever les couches petit à petit — les couches que je me suis moi-même mises, de mon éducation, de la société, de ce que je croyais, de ce que j’ai consommé comme contenu à un moment de ma vie. J’enlève les couches petit à petit pour arriver au cœur de qui je suis.
Quand on est dans ce processus, on comprend que le dev perso, c’est vraiment une manière de se réaliser — à condition de le voir comme un amplificateur de qui on est déjà, et d’accepter de ne pas toujours vouloir être mieux, aller à l’étape d’après, mais juste apprécier là où on est maintenant, avec qui on est maintenant.
Parce que la personne que je suis aujourd’hui, c’est celle que je voulais être il y a quatre ans. Et oui, j’ai une idée de ce que je veux voir réaliser dans les quatre prochaines années. Mais aujourd’hui, je suis exactement la personne que j’avais besoin d’être. Et je trouve ça super chouette.
Te redéfinir ...
Construire une vie depuis qui tu es déjà — sans courir après une version améliorée de toi-même — c'est exactement la promesse du coaching Traversée, pour les femmes qui sont prêtes à passer à un niveau supérieur, sans se trahir.
En savoir plus sur Traversée →Le dev perso, ce n’est pas une course à une meilleure version de soi-même. C’est juste un retour à soi.
Je ne crois pas au dev perso parce que je ne crois pas que l’humain est un projet. Je crois que chaque humain est une personne, et que chaque personne est là pour vivre. Et vivre, c’est vivre maintenant — ce n’est pas s’améliorer pour avoir le droit de vivre plus tard.
Pour clôturer cet épisode, j’ai envie de te demander : si tu es un peu dans ce chemin de dev perso, fais peut-être un pas de côté et regarde ce que tu cherches à changer chez toi. Et cette chose que tu cherches à changer — en quoi est-ce qu’elle t’est utile aujourd’hui ?
La nuance n’est pas dans le mot, mais dans l’approche. Le dev perso classique part souvent du principe qu’on est un projet inachevé à améliorer. Un accompagnement axé sur la réalisation part du principe inverse : tout ce dont on a besoin est déjà présent, simplement recouvert de croyances, d’injonctions et d’histoires accumulées. Le travail consiste à déblayer plutôt qu’à construire du neuf — et ça change complètement la posture, le rythme, et le résultat final.
Le signal le plus clair, c’est l’absence de mouvement dans le réel. Comprendre d’où vient un blocage est utile — mais si cette compréhension ne débouche jamais sur une action concrète, et qu’on continue à chercher « encore une explication » derrière chaque explication, l’introspection devient une excuse plutôt qu’un outil. La question à se poser : est-ce que ce que je viens de comprendre change quelque chose dans ce que je fais cette semaine ?
Manifester, ce n’est pas décider précisément comment et quand quelque chose va arriver, puis attendre. C’est se reconnecter à ce qu’on veut vraiment, poser des actions cohérentes avec ce désir — et rester ouverte à la façon dont ça va se concrétiser, sans chercher à tout contrôler. La différence est subtile mais essentielle : l’un est une posture d’ouverture et d’action, l’autre est du perfectionnisme déguisé en spiritualité.
C’est souvent l’inverse qui se produit. Tant qu’une émotion est vécue comme honteuse ou comme un problème à régler, elle prend énormément de place — par la lutte qu’on mène contre elle. Une fois qu’on cesse d’en avoir honte et qu’on la reconnaît comme une part légitime de soi, l’énergie qu’on dépensait à la combattre se libère. Beaucoup de femmes constatent alors qu’elles ressentent en réalité moins cette émotion au quotidien — et qu’elle devient beaucoup plus simple à exprimer ou à décharger quand elle survient.
Un accompagnement qui répare part du principe qu’il manque quelque chose : une compétence, une confiance, une « meilleure version » à atteindre. Un accompagnement qui révèle part du principe que la personne, ses désirs et son potentiel sont déjà là — simplement enfouis sous des années de croyances, d’attentes extérieures et de choix faits par sécurité plutôt que par envie. Le travail consiste alors à regarder honnêtement ce qu’on a empilé, à décider ce qu’on garde, et à laisser émerger ce qui était déjà présent.
Bienvenue dans l’épisode 63 de Limerté. Très heureuse de vous retrouver aujourd’hui pour un sujet assez simple : je ne crois pas au développement personnel.
Alors oui, je suis coach. Oui, j’accompagne les femmes à transformer leur vie. Mais dans cet épisode, je vais t’expliquer ce que je pense vraiment de l’industrie du développement personnel — et comment on peut avancer à la place.
Il y a trois choses qui me dérangent vraiment dans le dev perso classique, et je vais te les partager.
La première chose, c’est le mythe de la meilleure version de soi.
Il y a encore plein de fois où des accompagnants — souvent des coachs — vendent l’idée de s’améliorer, d’être la meilleure version de soi-même. Comme si actuellement, tu n’étais pas déjà suffisante. Comme si tu étais un projet inachevé et que toute ta valeur résidait dans ce que tu vas devenir.
Sauf que tu n’es pas une application qu’on est en train de tester et dont on va sortir une version 2.0. C’est juste toi. Et je suis convaincue que l’être humain est déjà suffisant dans comment il est.
Ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas changer des choses. Mais pour moi, un problème du dev perso, c’est de se concentrer sur ce que tu vas devenir sans commencer par aimer qui tu es aujourd’hui.
Ça fait le lien avec la deuxième chose qui me dérange dans le dev perso classique : l’introspection sans fin.
Oui, bien évidemment qu’aller comprendre, mettre de la clarté, aller chercher ce qui s’est joué dans le passé pour mettre des mots peut-être sur une blessure, sur une ombre — ça va aider. Mais à un moment, l’introspection devient aussi une façon de ne jamais agir. Parce qu’on va toujours chercher la blessure derrière la blessure, l’ombre derrière l’ombre. Et on va toujours utiliser un événement passé pour expliquer un comportement présent. Et on se retrouve à devenir notre passé, en fait. Et on ne sort jamais de cette spirale qui nécessiterait qu’on agisse.
L’introspection sans fin, ça peut très bien être d’aller chercher pourquoi on n’ose pas faire une chose. Prenons un exemple : quelqu’un qui a beaucoup de mal à prendre la parole en public. Pas que ce soit dans une réunion avec cinq collègues, peu importe le contexte — dès qu’il s’agit de prendre la parole en public, cette personne a les mains moites, elle tremble, elle a chaud, elle perd ses mots. Elle a envie de changer ça. Donc elle va aller creuser dans son passé. Elle se rend compte qu’à l’école, elle a un jour été humiliée, un jour où elle est passée au tableau. Et si elle remonte encore : à la maison, elle n’avait pas trop la place de parler avec sa famille.
Le risque de l’introspection sans fin, c’est qu’on va toujours aller trouver un truc derrière, toujours une raison de… « Ah ben en fait, c’était la faute de mes parents. » « Ah ben en fait, à ce moment-là, c’est l’enseignant qui n’a pas géré la classe comme il fallait. » Et ça peut devenir une excuse pour ne jamais agir. « Ah ben moi, de toute façon, je ne sais pas prendre la parole en public parce que j’ai eu une mauvaise expérience étant enfant. » Et on va aller trouver encore des exemples qui deviennent une excuse, en fait. Et l’introspection devient une excuse.
Alors que, évidemment, l’introspection est utile, nécessaire, libératrice — mais à condition qu’elle débouche sur une action sur le futur. Parce que l’introspection sans fin, c’est : on comprend, on comprend, on comprend, on comprend, mais on n’agit jamais. Et si tu n’agis jamais, il n’y a rien qui change.
C’est comme : tu peux lire tous les bouquins de dev perso, écouter tous les podcasts que tu veux — si à un moment tu n’appliques pas, dans la matière, il n’y a rien qui va évoluer. Pour moi, c’est comme apprendre le solfège, lire toutes les partitions de piano. À un moment, si tu ne t’assieds pas devant un piano, tu ne vas jamais jouer du piano. Pour l’introspection, c’est pareil.
Et la troisième chose qui me dérange dans le dev perso, c’est — j’allais dire — le côté spirituel. Pas vraiment, je ne sais pas trop comment le nommer. Un peu comme si, en fait, c’est le côté spirituel du contrôle. J’ai l’impression qu’on a spiritualisé le contrôle.
On parle beaucoup de manifester sa vie, de reprogrammer ses croyances — et moi-même, j’en parle. Mais ce que je vois beaucoup, c’est que ça devient parfois une injonction à maîtriser complètement ce qu’on fait. En gros, on cache ce perfectionnisme, ce besoin de contrôle, derrière un truc plus spirituel. Comme si, OK, en fait, tu veux créer ça dans ta vie, vas-y, manifeste-le, change tes croyances et tout, ça va se passer comme ça.
Mais en fait, ce n’est pas ça la manifestation, ni la reprogrammation. C’est revenir à : qu’est-ce que tu veux vraiment ? Et t’ouvrir à comment ça va arriver, et faire confiance — avec des actions mises en place, etc. — mais dans le sens : pas contrôler comment ça va arriver.
J’ai un exemple qui me vient. Il y a un an et demi, je manifestais le fait d’être sur scène pour prendre la parole. Comment je manifestais ça ? J’avais mes pratiques de visualisation, je me plongeais à l’intérieur en méditation pour me voir sur scène, me faire ressentir cet état. Et puis après, j’avais des actions. J’allais à des événements pour voir comment ça se passait. J’essayais de prendre de plus en plus la parole sur Instagram pour me mettre dans la peau de quelqu’un qui ose prendre la parole. J’ai de plus en plus utilisé mon podcast aussi, moi, en solo, alors qu’avant, je faisais toujours intervenir d’autres personnes.
Donc il y a eu une mise en action. Mais je n’ai jamais contrôlé à quel moment je vais prendre la parole sur scène. Et ce qui s’est passé, c’est qu’il y a eu une occasion à un événement, Audace Stories, où j’étais dans le public juste en tant que spectatrice. Et l’organisatrice a proposé au public que quelqu’un monte sur scène pour prendre la parole. Et OK, là, j’ai saisi le truc de dire : OK, c’est mon moment. Et je suis montée sur scène et j’ai pris la parole à ce moment-là. Mais ce n’était pas prévu, je n’avais pas contrôlé comment ça allait se produire.
Et je trouve qu’aujourd’hui — ce n’est pas tout le monde, évidemment — mais il y a quand même une grosse part dans le dev perso qui, sous couvert d’être spirituel, est en fait juste une maîtrise, une injonction à maîtriser et un perfectionnisme qui est caché. Pour moi, sous cette forme-là, c’est en fait comme si c’était juste du perfectionnisme, qu’on a habillé de bougie et d’un carnet de gratitude.
Sauf qu’en fait, pour moi, l’essence du dev perso, ça devrait être libérateur. Et si on le fait comme ça, pour moi, c’est plutôt épuisant. Comme si, en fait, le dev perso était devenu un besoin de travailler sur soi encore, encore, encore — parce qu’on n’est jamais suffisante et qu’il faut aller toujours plus loin, être toujours mieux. Mais en fait, on a perdu l’essence même du dev perso.
Pour moi, le dev perso, c’est libérateur. Et c’est libérateur à condition, justement, de s’aimer à l’instant T.
Pour moi, dans ma manière d’accompagner, ce qui est important, ce n’est pas de changer qui tu es, c’est de rencontrer qui tu es vraiment et sans honte. C’est-à-dire, c’est de nommer, en fait, tout ce qui te compose vraiment. Dont la part qui doute, la part qui veut contrôler, la part sauvage, la part fatiguée, la part qui est en colère, la part qui a honte, la part blessée, la part qui veut des choses qu’elle n’ose pas assumer.
Et pour moi, à partir du moment où on s’ouvre à toutes ces parts-là sans essayer de les corriger, c’est là, en fait, que la vraie transformation arrive, parce qu’on redevient entière. Et on n’est pas en train d’essayer de cacher d’autres choses en s’élevant ailleurs.
Quand je dis que le but, c’est de s’aimer, ce n’est pas de la complaisance. Ce n’est pas, encore une fois, « il faut s’aimer comme ça, ce sera plus facile. » Non, c’est mettre de la douceur. Et parfois, ce n’est pas facile, je veux dire.
Typiquement, dans le dev perso, il y a un courant que j’ai détesté — le body positive. J’ai trouvé ça infernal, parce que je voyais l’injonction à aimer notre corps. Mais en fait, il y a des moments de notre vie où peut-être qu’on n’aime pas notre corps, et c’est OK. Et le but, ce n’est pas de forcer, de se répéter « j’aime mon corps, j’aime mon corps, j’aime mon corps », alors qu’à l’intérieur, pas du tout, c’est fermé, il n’y a aucun lien. Le but, c’est plutôt de dire : OK, là, en ce moment, me regarder dans un miroir, c’est compliqué. Comment je peux faire pour ne pas me couper de ce corps, parce que quand même, il est hyper fort, sans pour autant forcément l’aimer fondamentalement parce que là, je n’y arrive pas ? Comment je remets du lien, en fait ? Et d’assumer que, bah ouais, en ce moment, je n’aime pas trop mon corps, mais bon, c’est OK, en fait.
C’est vraiment pour moi une idée d’agir depuis le bon espace.
Et moi, personnellement, j’ai vécu ça — pas sur le corps, enfin encore que si, mais plutôt là je pense plutôt à la colère. Ce sera le sujet, d’ailleurs, du prochain épisode. Mais il y a eu une phase où j’avais envie de régler cette colère. J’avais envie de la supprimer, parce que j’en avais honte, parce que je la voyais comme une part de moi que je déteste. Je voulais la couper, je ne voulais plus jamais y être confrontée. Et donc, je suis allée faire de l’introspection, je suis allée chercher pourquoi, d’où elle vient, pourquoi elle arrive dans ces moments-là, qu’est-ce qui la déclenche, etc.
Sauf qu’à force de mouliner là-dedans, en fait, ça ne changeait rien, ma colère, elle était toujours là. Et ce qui a switché, c’est quand j’ai arrêté d’en avoir honte, en fait, de cette colère, et je me suis dit : OK, en fait, cette colère, elle fait partie de moi. Elle fait partie de qui je suis. Ça ne veut pas dire que je suis ma colère, mais elle fait partie de ma manière de m’exprimer. Et après, c’est moi qui décide ce que j’en fais. Est-ce que, bon, en fait, je m’en fous d’être en colère et je vais l’exprimer comme ça ? Ou est-ce que non, en fait, c’est trop dur pour moi de m’exprimer avec de la colère, donc, ben, je vais petit à petit demander à l’exprimer autrement, à la décharger autrement. Mais ce n’est pas pour la réparer ou pour la cacher, c’est pour en faire quelque chose qui va me servir.
Et d’ailleurs, c’est très drôle parce que depuis que j’ai compris ça et depuis que je l’apprivoise autrement, déjà, je ressens beaucoup moins de colère dans mon quotidien. Mais en plus, quand j’ai de la colère, ce n’est plus du tout un moment honteux. Au contraire, c’est plutôt genre : « ah ben tiens, je sens de la colère, ben tu sais quoi, je vais la sortir, après on n’en parle plus. » Tac, elle sort, fin de l’histoire. Et il n’y a plus toute cette culpabilité que j’avais avant de « pourquoi j’étais encore en colère, pourquoi j’étais bordée. » Non. À un moment donné, on s’en fout. C’est : qu’est-ce qu’on en fait, quoi.
Depuis quatre ans que je suis accompagnée, je pense qu’au début, il y avait vraiment cette quête de « je veux être mieux, je veux être meilleure, je veux être une meilleure version de moi. » Parce que je baignais très fort dans « je veux être parfaite. » Parce que j’ai grandi avec l’idée que pour être aimée, je devais être parfaite. Et donc, je le perpétuais même en étant adulte.
Et puis j’ai compris qu’en fait, les gens ne m’aiment pas pour la perfection, ils m’aiment pour qui je suis vraiment. Et c’est comme ça que j’ai vraiment switché : je ne veux pas être la meilleure version de moi, je vais aller vers ce qui va me faire me sentir moi pleinement.
Et être moi pleinement, ben, c’est être capable de pleurer de rire et de pleurer de tristesse, c’est être capable de claquer une porte, c’est être capable de crier et aussi de danser. Mais c’est être capable aussi de crier sur scène et c’est aussi être pleinement moi, c’est aussi oser danser dans la rue et aimer pleinement et être obsessionnelle dans ce que je fais et être généreuse avec les gens que j’aime et donner sans compter quand je me sens à ma place.
Et c’est aussi assumer que j’ai des grandes ambitions et que je vais être connue et que je vais être célèbre, et c’est OK. Et même en le disant, j’ai une petite pointe de honte qui arrive, mais c’est OK en fait. Cette honte-là, je ne vais pas la taire, je vais juste — OK, je vois qu’il y a un sujet là, de « je n’assume pas encore pleinement que je décide qu’un jour je serai célèbre. » En le disant là dans le podcast, c’est une belle manière de l’assumer, mais c’est OK en fait.
Et pour moi, le dev perso, c’est vraiment ça : c’est voir ce qui est et pas essayer de le cacher, de le transformer direct. Genre, je ne vais pas aller écrire « OK, pourquoi j’ai la honte ? » Non, OK, c’est là. C’est là et puis on verra ce qu’on en fait.
Vraiment pour moi, en fait, dans la manière d’accompagner, dans ce que je propose, dans tous mes espaces, c’est vraiment la différence entre la réalisation et l’amélioration.
Quand vous entrez dans mes espaces, vous ne venez pas réparer ce qui manque, vous ne venez pas vous améliorer. Vous venez vous réaliser, vous venez révéler en fait ce qui est déjà là et qui a été peut-être caché sous des piles d’injonctions, de croyances, d’histoires, de vécu, etc. On va déblayer pour révéler ce qui est déjà là, mais on ne va pas transformer, on ne va pas réparer, améliorer.
Pour moi, la réalisation, c’est vraiment de rendre réel ce qui existe déjà en potentiel. Ce n’est pas de construire quelque chose de nouveau sur les ruines de l’ancien. C’est vraiment oser déblayer le terrain, regarder ce qui est là et décider ce qu’on veut amplifier. Et c’est pour ça que le vrai dev perso, à mon sens, et tous les espaces que je propose, c’est vraiment ça.
Pour moi, entrer dans un espace comme ce que je propose — que ce soit les accompagnements sur plusieurs mois, ou que ce soit le Mamas Break, ou que ce soit les événements courts de quelques jours que je propose — pour moi, ça demande du courage, mais ça ne demande pas de la discipline.
La différence, c’est que la discipline, on va se forcer. Ça va être vraiment un espace de : il faut y aller, c’est dur, c’est OK, on y va, go, de combattant. Ça, c’est s’améliorer. C’est de la discipline. C’est : vous voulez devenir hyper fort dans un sport, vous allez devoir vous entraîner et avoir la discipline d’y aller tous les jours, régulièrement, et d’y aller même quand vous n’avez pas envie.
Le courage, pour la réalisation, c’est le courage d’aller voir qui on est, et de regarder en face ce qu’on veut vraiment et ce qu’on ne veut plus, même quand c’est dérangeant.
Et pourquoi c’est dérangeant ? Parce que ce qui peut se passer, et c’est souvent ce qui se passe avec les femmes que j’accompagne, c’est qu’elles arrivent en disant : « Je veux ressentir ça dans ma vie, je veux me sentir plus libre, je veux de la communication fluide avec mon conjoint, je veux retrouver de la spontanéité. » Et en fait, on va aller regarder la vie qu’elles ont construite, tout ce qu’elles ont empilé au-dessus de leur désir, de leur potentiel. Et à un moment donné, il va falloir avoir le courage de regarder à quel moment on a fait ces choix, à quoi ça nous a servi, et de se dire : OK, est-ce que ça, j’en veux encore ou pas ? Et d’aller regarder ce qu’on veut vraiment. Est-ce que tu es sûre que c’est vraiment une relation fluide que tu veux avec ton conjoint ? Et si oui, qu’est-ce que ça va te demander, à toi, en fait ?
Parce que vraiment, il y a ça aussi : le dev perso, c’est aussi accepter que chacun évolue à son rythme. Et je trouve qu’il y a une part, parfois encore, dans les contenus de dev perso, de : en gros, si tu fais du dev perso, tu es supérieur ; si tu n’en fais pas, tu es vraiment une nullité. Je le caricature, mais il y a vraiment des fois où je lis des contenus, je me dis : mais waouh, c’est tellement loin de comment je vois la chose.
Un peu comme il y a eu la même distinction sur le côté spirituel ou pas. Genre : « les gens qui sont spirituels, qui méditent, qui font des rituels chamaniques, eux ils sont un peu supérieurs parce qu’ils ont compris, ils ont une sorte de sagesse, les autres, ils n’ont rien compris. » Mais en fait, assumer ça, c’est, pour moi, être complètement déconnecté de la spiritualité.
Et donc, le dev perso, c’est pareil. Ce n’est pas : « si tu fais du dev perso, tu es bien ; si tu n’en fais pas, tu es nulle. » Il y a plein de gens qui ne mettront jamais le mot de dev perso sur le chemin qu’ils prennent, et pourtant, ils sont dans une réalisation tellement plus puissante que des personnes qui vont lire des dizaines et des dizaines de bouquins de dev perso, mais qui ne vont jamais bouger d’un iota dans leur vie. Parce que ce n’est pas juste comprendre des choses, c’est agir, et c’est agir depuis le bon espace.
Donc, dans mes espaces, moi, je n’accompagne pas à devenir quelqu’un d’autre. J’accompagne vraiment à oser être pleinement soi et à construire une vie depuis cette personne-là.
Et c’est vraiment ce que moi j’ai vécu aussi il y a quatre ans, quand j’ai commencé ce chemin de dev perso — d’ailleurs, je ne mettais pas ce mot dessus à l’époque. Mais quand j’ai commencé ce chemin, j’étais empêtrée dans une vie qui ne me ressemblait pas du tout. Et ça a été incroyable de me dire : qu’est-ce que je veux, qu’est-ce que je ne veux pas, et qu’est-ce que ça m’engage à faire et à être.
Et c’est en décidant, OK, en fait : je veux la liberté de temps pour pouvoir continuer à apprendre tous les jours. Je veux la liberté de temps pour pouvoir décider comment je m’organise, quand est-ce que je suis avec mes enfants ou pas. Je veux vivre des expériences dans mon quotidien, parce que c’est ça, moi, je suis une exploratrice, je veux vivre des aventures dans ma vie. Et la vie que j’avais il y a quatre ans ne me le permettait pas.
Donc qu’est-ce que ça veut dire ? Qu’est-ce que ça veut dire que j’accepte ou pas ? Et en fait, j’ai vraiment construit ma vie actuelle sur qu’est-ce que je voulais voir et vivre dans ma vie. Je ne suis pas devenue quelqu’un d’autre. J’ai l’impression juste d’être revenue à mon essence. Et ça me met les larmes aux yeux de le dire, je ne l’avais pas anticipé, celle-là.
Je n’ai pas l’impression de devenir quelqu’un d’autre. J’ai vraiment l’impression d’enlever les couches petit à petit. Les couches que je me suis moi-même mises, de mon éducation, de la société, de ce que je croyais, de ce que j’ai consommé comme contenu à un moment donné dans ma vie. Et en fait, j’enlève les couches petit à petit pour arriver au cœur de qui je suis.
Et je trouve que c’est… Quand on est dans ce processus-là, en fait, on comprend que le dev perso, c’est vraiment une manière de se réaliser, en fait. Mais à condition de le voir comme un amplificateur de qui on est déjà, et d’accepter aussi, enfin, de vraiment faire le chemin de ne pas vouloir toujours être mieux, d’aller à l’étape d’après, mais juste déjà d’apprécier là où on est maintenant, avec qui on est maintenant.
Parce que la personne que je suis aujourd’hui, en fait, c’est celle que je voulais être il y a quatre ans. Et oui, là, j’ai une idée de ce que je veux voir réaliser dans ma vie dans les quatre prochaines années. Mais aujourd’hui, je suis exactement la personne que j’avais besoin d’être. Et donc, je trouve ça super chouette.
Et donc j’avais envie de vous partager que voilà : le dev perso, c’est pas une course à une meilleure version de soi-même. C’est juste un retour à soi, en fait.
Je ne crois pas au dev perso parce que je ne crois pas que l’humain est un projet. Je crois que chaque humain est une personne et que chaque personne est là pour vivre. Et vivre, c’est vivre maintenant, ce n’est pas s’améliorer pour avoir le droit de vivre plus tard.
Donc, pour clôturer cet épisode, j’ai envie de te demander, si tu es un peu dans ce chemin de dev perso, de faire peut-être un pas de côté et de regarder qu’est-ce que tu cherches à changer chez toi. Et cette chose que tu cherches à changer, en quoi elle t’est utile aujourd’hui ?
Je serais super heureuse que tu me partages ta réponse. Ça peut être en commentaire de l’épisode ou directement sur Instagram. Mon compte Instagram a changé de nom : clementine.mama.queen. Si ça t’intéresse de savoir pourquoi j’ai changé de nom, il y a un Reels que j’ai fait sur Instagram pour expliquer ça.
N’hésite pas à venir me dire ce que tu as pensé de cet épisode, et si ce n’est pas déjà fait, à mettre 5 étoiles au podcast, à t’abonner également, pour que le plus de femmes possible découvrent ce podcast, Limerté, et puissent à leur tour oser créer la vie qui les fait kiffer.
Bye bye !
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