La colère, ce super-pouvoir - Podcast limerté

La colère, ce super-pouvoir — Épisode 64 du podcast Limerté

Dans cet épisode du podcast Limerté, je parle de colère — un sujet qui m’a toujours suivie, depuis l’enfance jusqu’à la maternité, où elle est revenue au galop.

Je commence par déconstruire ce qu’est vraiment la colère : une émotion, un signal qui indique qu’un besoin n’est pas satisfait ou qu’une limite a été franchie. Mais comprendre cette théorie ne suffit pas à apaiser la colère — et j’explique pourquoi, à travers deux angles : la dimension transgénérationnelle de la colère des femmes (et pourquoi notre génération de mères est la première à avoir le droit de l’exprimer), et le poids du jugement social qui rend la colère féminine particulièrement honteuse.

Je détaille ensuite ce qu’est le mom rage — la rage maternelle —, une réaction neurologique prédictible quand charge mentale élevée et surcharge sensorielle se combinent, et pourquoi c’est physiologique avant d’être psychologique.

Enfin, je partage le chemin concret que j’ai suivi : légitimer sa colère plutôt que culpabiliser, décoder le besoin caché derrière chaque épisode de colère, remplir ce besoin, libérer la colère par des pratiques somatiques (shaking, danse, cri, marche), et finalement voir la colère comme une boussole plutôt qu’un ennemi.

Un épisode pour toute mère qui se sent honteuse de sa colère, et qui a besoin d’entendre que ce n’est ni un défaut, ni de la mauvaise volonté — c’est un système nerveux qui demande de l’aide.

1. La colère qui revient au galop avec la maternité

Je suis ravie de vous retrouver aujourd’hui pour un sujet extrêmement commun — et extrêmement important, en particulier pour moi —, parce qu’aujourd’hui on va parler de colère.

J’adore vraiment ce sujet parce que j’ai souvent entendu, et dit de moi-même, que j’étais colérique étant enfant. Et puis ça s’est tassé. Et puis c’est revenu au galop en devenant mère.

Quand je suis devenue mère, j’ai ressenti une colère vraiment profonde et constante. Pas dans le sens où elle était exprimée tous les jours, mais je la ressentais en fond. Et clairement, mes enfants étaient de bons déclencheurs. Un verre renversé, un refus de se laver les dents, un coucher qui prend une plombe, des trucs ridicules — ça pouvait provoquer des réactions disproportionnées.

À chaque fois que ça m’arrivait — je préfère préciser, ce n’était jamais de la violence physique, je ne leur mettais pas de claques, mais je criais fort —, ça se terminait toujours de la même manière : la culpabilité. Et l’incompréhension envers moi-même : « Mais pourquoi je m’énerve pour un truc aussi bête ? Pourquoi je ne sais pas gérer mes émotions ? Pourquoi je n’ai pas de patience ? Pourquoi j’ai un tel mauvais caractère ? »

Sur ces dernières années, j’ai vraiment beaucoup cheminé, beaucoup travaillé. Et j’ai envie de partager dans cet épisode mes réflexions, mes découvertes, et tout ce qui m’a permis de comprendre — et donc d’apaiser — ma colère.

Et je préfère le dire tout de suite : la solution n’est pas « plus de méditation », ni « apprendre à gérer ses émotions ». C’est beaucoup plus profond que ça.

2. La colère, c'est quoi vraiment ? Un signal, pas un défaut

La colère, c’est une émotion. Une émotion au même titre que la joie, la tristesse, la peur, la sérénité. Si vous connaissez le petit « monstre des émotions » que les enfants utilisent en maternelle pour nommer ce qu’ils ressentent — la colère, c’est le monstre rouge. Et ce monstre rouge existe au même titre que le monstre jaune pour la joie, le monstre bleu pour la tristesse, le monstre vert pour la sérénité.

La colère, comme la joie, est une indication. C’est juste un signal. Elle n’est pas là pour nuire — elle est là pour dire : alerte, il y a un besoin insatisfait, une limite a été franchie. Ça peut être : « je n’ai pas eu assez d’espace », « je n’ai pas été respectée », « j’ai donné tout mon temps, là j’ai besoin de temps pour moi. » Derrière la colère, il y a toujours un besoin non satisfait.

Cette théorie-là, je la connaissais — mais ça ne me suffisait pas. Je savais bien que quand je criais dans la maison, ce n’était pas du tout à cause du verre renversé. C’était plutôt parce que j’avais un bébé collé sur moi nuit et jour, et que j’avais besoin de 10 minutes solo dans le silence. Mais pour autant, j’avais beau le savoir, ça ne m’empêchait pas de me mettre en colère. Ça ne suffisait pas.

J’ai trouvé deux raisons à ça. La première, c’est que ma colère n’était en fait pas uniquement ma colère. La deuxième, c’est que la société m’avait appris que la colère était inacceptable.

3. Une colère qui ne m'appartient pas entièrement : l'héritage transgénérationnel

Pourquoi ma colère n’était pas que ma colère ? Parce que ma colère est aussi une colère très lointaine. Les générations de femmes avant moi n’avaient pas le droit d’être en colère. Leur rôle, c’était de servir, de faire bonne figure, de sourire. Je suis vraiment convaincue que nous sommes la première génération de mères qui avons le droit de nous exprimer.

Et ce qui est super intéressant, c’est que la recherche en épigénétique montre que tout se transmet — y compris les traumas émotionnels. Ce qu’on ressent, c’est réel, c’est ancré, mais c’est aussi multigénérationnel. Ce n’est pas juste moi. C’est un héritage. Et cet héritage peut remonter très loin.

Combien de femmes de notre lignée ont été brûlées parce qu’elles étaient considérées comme des sorcières — ou ont eu des personnes de leur entourage qui l’ont été — parce qu’elles parlaient trop, parce qu’elles s’exprimaient trop ? Imaginez juste l’injustice, l’incompréhension, la colère qui a pris place à cet endroit-là et qui n’a jamais été nommée. Elle n’a pas été nommée — elle a juste été transmise de génération en génération. Et c’est cette colère-là que, moi, je me traîne. Et peut-être que toi aussi, tu te la traînes.

4. Une femme en colère, "hystérique" ? Le poids du jugement social

La deuxième raison, c’est que la colère des femmes n’est pas acceptable. Aujourd’hui encore, une femme en colère, c’est une femme qui perd ses moyens. Et malheureusement, on dit encore parfois que c’est « une femme hystérique. » Il y a encore 120 ans, les femmes étaient enfermées si elles faisaient « trop de bruit », parce que c’était considéré comme dangereux.

Aujourd’hui, une femme qui se met en colère, on dit qu’elle « perd ses moyens », qu’elle « ne se maîtrise pas. » C’est honteux. Alors qu’un homme qui se met en colère, il a juste « du tempérament. » Et au passage, s’il tue sa femme, il a juste « dérapé. » En avril 2026, il y a déjà 28 femmes qui ont été tuées par leur compagnon ou ex-compagnon depuis le début de l’année. Mais bien évidemment, c’est la colère des femmes qui est dangereuse.

Parenthèse — ou pas, d’ailleurs.

On entend partout qu’on ne devrait pas être en colère, que c’est mal, que c’est dangereux, qu’il faut mettre la colère sous cloche. Alors qu’est-ce qu’on fait ? On essaie de la gérer. Mais le sujet, ce n’est pas de la gérer, ce n’est pas de la mettre sous cloche. Ce qu’on devrait faire, c’est naviguer avec, et la voir comme un signal — plutôt que comme un truc à terrasser.

Parce que je crois profondément que quand je tais ma colère, quand je la mets sous cloche, eh bien elle va trouver un autre moyen de s’exprimer. Et dans mon cas, elle s’exprimait clairement à destination de mes enfants.

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5. Le "mom rage" : la rage maternelle expliquée par les neurosciences

Ce que j’ai découvert aussi, c’est qu’en devenant mère, la colère peut se décupler. Dans mon cas, en devenant mère, j’avais beaucoup plus envie de claquer des portes, de crier. Je me sentais tout le temps en tension. Et pourtant, ce n’était pas lié à mon caractère, ou juste à un manque de sommeil. C’était vraiment une explosion émotionnelle.

Ce que j’ai découvert, c’est que les mères, particulièrement, ont une accumulation de stress, de charge mentale, de fatigue, de manque de soutien. Et tout ça amène une explosion émotionnelle liée à la surcharge.

Les études montrent que les mères ont un niveau de stimulation et de charge beaucoup plus élevé que les personnes sans enfant. En parallèle, le cerveau maternel est dans une hypervigilance constante. Donc : surstimulation plus hypervigilance, vous ajoutez à ça un manque de sommeil et un manque de ressources — et les réactions émotionnelles deviennent amplifiées.

Les neurosciences ont mis un terme pour expliquer ça : le mom rage, la rage maternelle. C’est une réaction du système nerveux en mode survie. Une réaction involontaire. Ça se passe dans le cerveau. Le corps est en alerte permanente. Le cortex préfrontal, qui est le centre de la régulation émotionnelle, est très fatigué — donc il y a beaucoup moins de capacité à réfléchir, à analyser. En parallèle, l’amygdale, qui est un peu le capteur du danger, devient hyperactive : elle détecte du danger même là où il n’y en a pas. Ça peut être les cris, les pleurs, les sollicitations répétées, qui vont être perçus comme une menace.

Donc, en gros : hyperactivation de l’amygdale qui dit « alerte, danger », en parallèle le cortex préfrontal qui est fatigué — plutôt que de voir « non mais tout va bien, c’est juste le cri d’un enfant », moins de capacité à réfléchir, à analyser, zéro possibilité de réguler les émotions. Conclusion : dans le corps, cortisol élevé, alerte permanente. Et ça provoque un débordement disproportionné. C’est physiologique avant d’être psychologique.

Ce que j’ai trouvé passionnant, c’est que ce mom rage est en fait prédictible — si deux conditions sont réunies : un, la charge mentale élevée ; deux, la surcharge sensorielle. Je connais assez peu de mères qui ne sont pas concernées par la charge mentale. Et assez peu qui ne sont pas concernées par la surcharge sensorielle — même si on est tous plus ou moins sensibles.

Personnellement, je savais, avant d’avoir des enfants, que j’avais besoin de calme et de silence. Mais depuis que j’ai des enfants, c’est indispensable. Tous les jours : s’il y a une journée entière pendant laquelle je n’ai pas une seule seconde seule, la fin de journée est très compliquée.

En psychologie, on définit ce moment comme une réaction émotionnelle intense liée à un décalage entre les besoins réels de la mère et ses ressources disponibles. La colère devient un symptôme — et pas un défaut. C’est juste le signal qu’il y a un manque de soutien, de temps, d’espace, de sommeil, de limites, de respiration. C’est vraiment une réaction biologique du système nerveux.

6. Légitimer plutôt que culpabiliser : le premier pas

Quand j’ai compris d’où venait cette colère — un besoin insatisfait, une limite dépassée, mon histoire, ce que raconte le collectif sur la colère, un système nerveux en surchauffe — je me suis dit : OK, fine, mais maintenant, qu’est-ce que j’en fais ?

Je vais partager le chemin que j’ai pris, et ce que ça m’a permis.

La première chose, c’est que j’ai légitimé ma colère plutôt que de culpabiliser. Légitimer, ça veut dire juste nommer, déjà. « Oui, je suis en colère. » « Non, je ne suis pas folle, je ne suis pas une mauvaise mère, je suis juste à bout de ressources. »

Le but n’est pas de nier la colère, de ne pas la ressentir — c’est même au contraire : la ressentir pour ne plus lutter contre. Parce que je suis convaincue que plus on lutte contre, plus on essaie de ne pas ressentir, plus ça va sortir de manière énorme, immense, disproportionnée. Donc : légitimer plutôt que culpabiliser.

7. Décoder sa colère : trouver le besoin caché derrière chaque épisode

La deuxième chose, ça a été de décoder. Comme je le disais, la colère peut être un indicateur. Donc je me suis demandé : OK, là, dans cette situation, c’est quoi mon besoin qui n’est pas satisfait ? Quelle limite a été dépassée ?

Quelques exemples vécus. Je suis en train d’avoir une discussion avec quelqu’un, et c’est la troisième fois que ma fille vient m’interrompre pour me demander quelque chose. Ça me fait péter un plomb. Je commence à crier en disant « j’en ai marre, tais-toi, je suis en train de parler. » OK, pause. C’est quoi le besoin ? J’avais un besoin de continuité, un besoin de partage, un besoin d’être entendue.

Autre exemple : la colère en fin de journée, quand c’est le millième « maman » de la journée. Mon besoin, c’est quoi ? J’ai besoin de recevoir plutôt que de donner — je n’ai plus rien à donner.

Ou une colère diffuse : un verre d’eau renversé, et tu commences à dire « ah, purée ! » En soi, ce n’est pas très grave. Tu aurais juste pu dire « ce n’est pas grave, on va essuyer. » Non — là, c’est un « ah » qui sort. Cette colère-là, sans objet précis, peut être le signe d’un épuisement profond, d’un besoin de silence, d’un besoin de temps seul, d’un besoin de dormir, d’un besoin de remplir ton réservoir affectif.

Derrière chaque colère, il y a un besoin.

8. Remplir le besoin, puis libérer la colère par le corps

Une fois que j’ai compris quel était mon besoin insatisfait, il y a deux voies possibles qui se rejoignent.

La première, c’est d’aller remplir ce besoin. Tu as besoin de temps seul ? Va t’en créer. Tu as besoin de silence ? Va te créer des moments de silence. Tu as besoin de remplir ton réservoir affectif autrement qu’avec tes enfants ? Réfléchis à comment tu peux le faire : avec ton conjoint, tes amis, ta famille, ou solo. Ça, c’est la première voie : remplir ce besoin.

La deuxième, c’est de libérer la colère. Parce que souvent, quand on ne la libère pas, quand on la retient, elle stagne dans le corps. La colère est d’abord une émotion physique. Elle se vit dans le corps. Et il y a plein de pratiques somatiques qui permettent de la libérer, de la faire circuler — l’EFT, le shaking, crier, danser, marcher. Peu importe le moyen : l’objectif, c’est de réguler, et de faire circuler l’énergie inconfortable.

Moi, je suis vraiment une adepte du shaking — se secouer —, de la danse et de la marche. Et c’est pour ça que, dans tous mes espaces, on ne fait pas que parler : on se met toujours en mouvement. Certains appels se font en marchant. Quand je sens qu’il y a une énergie, une émotion — même si ce n’est pas la colère — qui est un peu stagnante, eh bien on va danser en visio, c’est OK. Pendant les Mamas Break, les mamans qui sont là dansent. Je les fais même parfois crier dehors, dans la colline à côté. Tout ça permet de faire circuler et de soulager.

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9. La colère comme boussole : ce qu'elle a construit dans ma vie

La dernière étape de ce chemin, ça a été de voir la colère comme mon alliée plutôt que comme mon ennemie. Parce que la colère qui ne s’exprime pas devient une dépression. La colère qui s’exprime sans but, c’est juste de la destruction. Mais la colère orientée — la colère qu’on voit comme une alliée, dont on comprend pourquoi elle est là — ça devient une force de transformation.

Tu peux te demander : où est-ce que je suis le plus en colère ? Et là où je suis le plus en colère, qu’est-ce que ça révèle sur ce que je veux vraiment ? Sur la vie que je veux construire ? Sur les frontières que je n’ai jamais osé poser ?

Ce que je trouve magnifique, c’est que certaines de mes clientes ont réorganisé leur vie entière à partir de leur colère. Pas à cause d’elle, pas en la taisant — grâce à elle.

Tu n’as pas du tout besoin d’être une mère parfaite pour tes enfants. Une mère qui dit « je suis fatiguée, j’ai besoin d’espace, là c’est trop pour moi » — eh bien elle enseigne aux enfants quelque chose d’inestimable. Le fait que les émotions ont le droit d’exister, et qu’on peut y répondre avec conscience plutôt qu’avec honte. Et pour moi, en faisant ça, c’est vraiment transmettre à la génération suivante le fait que notre vie intérieure a de l’importance. Que ma colère n’est pas un défaut. Que c’est juste le signe que je suis une humaine, que je suis une femme vivante avec des besoins réels, dans un système qui ne les prend pas en compte depuis trop longtemps.

Donc la question, ce n’est pas « comment je fais pour ne plus être en colère ? » La question, c’est : « comment je fais pour que ma colère m’aide à construire ce que je veux voir dans ma vie ? »

Et clairement, si je regarde ma vie : c’est grâce à ma colère que j’ai créé ce podcast. C’est grâce à ma colère que j’ai tant appris sur le système nerveux. C’est grâce à ma colère que j’ai quitté un job salarié pour créer mon entreprise. C’est grâce à ma colère que j’ai nommé des choses, des tabous dans ma vie, et notamment des violences. C’est grâce à ma colère que j’ai transformé ma vie sexuelle. C’est grâce à ma colère que je suis montée sur scène pour crier. Et c’est grâce à ma colère — qu’il n’y avait aucun espace dédié aux mères en tant que femmes — que j’ai créé le Mamas Break.

La colère peut être une boussole magnifique, à condition de la naviguer.

10. Ce que je veux que tu retiennes

Si cet épisode t’a plu, qu’il te parle, que tu te sens concernée par ce sujet, je t’encourage à faire deux choses.

La première, c’est de te demander, la prochaine fois que tu seras en colère : quel est mon besoin qui n’est pas satisfait ?

La deuxième, c’est de partager cet épisode à une mère que tu connais et qui vit sa colère de manière honteuse, dans son coin, qui n’ose pas demander de l’aide parce que, encore une fois, aujourd’hui, la colère est un sujet de honte. Partage-lui cet épisode pour qu’elle se sente moins seule, et qu’elle sache quelle direction prendre.

Ce n’est ni un défaut de caractère ni juste de la fatigue. C’est un phénomène appelé « mom rage » — la rage maternelle — qui apparaît quand charge mentale élevée et surcharge sensorielle se combinent. Le cortex préfrontal, qui régule les émotions, est épuisé, tandis que l’amygdale, le détecteur de danger du cerveau, devient hyperactive et perçoit des menaces là où il n’y en a pas (cris, pleurs, sollicitations). Le résultat : des réactions émotionnelles disproportionnées, qui sont physiologiques avant d’être psychologiques.

La colère est une émotion au même titre que la joie ou la tristesse : c’est un signal qui indique qu’un besoin n’est pas satisfait ou qu’une limite a été franchie. Ce n’est ni un manque de gestion émotionnelle, ni de la mauvaise volonté. La colère devient un symptôme — pas un défaut — lorsqu’il y a un décalage entre les besoins réels de la mère et les ressources qu’elle a à disposition. La légitimer, plutôt que de culpabiliser, est souvent la première étape pour qu’elle s’apaise.

La méthode consiste à faire une pause au moment où la colère monte (ou juste après) et à se demander : quelle limite a été dépassée ? De quoi ai-je besoin et que je n’ai pas en ce moment ? Une colère qui surgit face à une interruption répétée peut révéler un besoin de continuité ou d’être entendue. Une colère diffuse, sans déclencheur précis, signale souvent un épuisement de fond — besoin de silence, de sommeil, ou de remplir son « réservoir affectif » autrement qu’avec ses enfants.

La colère est d’abord une émotion physique, qui se vit dans le corps. La comprendre intellectuellement ne suffit donc pas toujours à l’apaiser : il faut aussi la faire circuler. Les pratiques somatiques — le shaking (se secouer), la danse, la marche, crier, ou des techniques comme l’EFT — permettent de réguler le système nerveux et d’évacuer l’énergie accumulée. Ce n’est pas une question de performance : l’objectif est simplement de faire circuler ce qui stagne dans le corps.

Ce qui nuit, ce n’est pas la colère elle-même — c’est l’absence de modèle pour la vivre sainement. Une mère qui dit « je suis fatiguée, j’ai besoin d’espace, là c’est trop pour moi » enseigne à ses enfants que les émotions ont le droit d’exister, et qu’on peut y répondre avec conscience plutôt qu’avec honte. À l’inverse, une colère systématiquement étouffée ne disparaît pas : elle trouve un autre chemin pour s’exprimer — souvent vers les personnes les plus proches, justement parce qu’elles sont les plus proches.

Je suis ravie de vous retrouver aujourd’hui pour un sujet extrêmement commun — entre guillemets — extrêmement important, en particulier pour moi, parce qu’aujourd’hui on va parler de colère.

J’adore vraiment ce sujet parce que j’ai souvent entendu de moi, et dit de moi, que j’étais colérique étant enfant. Et puis ça s’est tassé. Et puis c’est revenu au galop en devenant mère. Et donc on va parler de tout ça aujourd’hui.


La colère.

Quand je suis devenue mère, j’ai ressenti une colère qui était vraiment profonde et constante. Pas dans le sens qu’elle était exprimée tous les jours, mais je la ressentais en fond. Et clairement, mes enfants étaient des bons déclencheurs. C’est-à-dire qu’un verre renversé, un refus de se laver les dents, un coucher qui prend une plombe, des trucs ridicules, pouvaient me provoquer des réactions disproportionnées.

Et à chaque fois que ça m’arrivait, chaque fois que je me mettais en colère — c’était jamais, je préfère préciser, je ne leur mettais pas de claques, ce n’était pas de la violence physique, mais je criais fort — et ça se terminait toujours de la même manière : la culpabilité. Et l’incompréhension, en fait, envers moi-même, de me dire : « Mais bordel, pourquoi déjà je m’énerve pour un truc aussi bête ? Pourquoi je ne sais pas gérer mes émotions ? Pourquoi je n’ai pas de patience ? Pourquoi j’ai un tel mauvais caractère ? »

Et sur ces dernières années, j’ai vraiment beaucoup cheminé, beaucoup travaillé, et du coup, j’ai envie de vous partager dans l’épisode du jour mes réflexions, mes découvertes et tout ce qui m’a permis de comprendre et donc d’apaiser ma colère.

Et je préfère le dire tout de suite : ce n’est pas plus de méditation, ce n’est pas d’apprendre à gérer mes émotions. C’est beaucoup plus profond que ça. D’ailleurs, Amandine, si tu m’écoutes, je sais que ton poil s’est hérissé à l’idée de « gérer ses émotions » — mais ça, ce sera le sujet d’un autre épisode.


Donc déjà, la colère, c’est quoi en fait ?

La colère, c’est une émotion. Une émotion au même titre que la joie, la tristesse, la peur, la sérénité. Je ne sais pas si vous voyez ce petit monstre des émotions que les enfants utilisent en maternelle pour nommer ce qu’ils ressentent. La colère, c’est le monstre rouge. Et ce petit monstre rouge, il existe au même titre que le monstre jaune pour la joie, que le monstre bleu pour la tristesse, que le monstre vert pour la sérénité.

En fait, la colère, comme la joie, est une indication. C’est juste un signal. Elle n’est pas là pour nuire, elle est juste là pour dire : alerte, il y a un besoin insatisfait, une limite a été franchie. Ça peut être : je n’ai pas eu assez d’espace, je n’ai pas été respectée, j’ai donné tout mon temps, là j’ai besoin de temps pour moi. Derrière la colère, il y a toujours un besoin non satisfait.

Alors cette théorie-là, je la connaissais, ça ne me suffisait pas. Je savais bien que quand je me mettais à crier dans la maison, ce n’était pas du tout à cause du verre renversé. C’était plutôt parce que j’avais un bébé collé sur moi nuit et jour et que j’avais besoin de 10 minutes solo dans le silence. Mais pour autant, j’avais beau le savoir, ça ne m’empêchait pas de me mettre en colère, ça ne me suffisait pas à ne pas me mettre en colère.

Et en fait, c’est ce truc-là que je ne comprenais pas. Je ne comprenais pas pourquoi j’avais beau avoir la théorie, en pratique, ça ne fonctionnait pas.

J’ai trouvé deux raisons à ça. La première, c’est que ma colère n’était en fait pas uniquement ma colère. Et la deuxième, c’est parce que la société m’avait appris que la colère était inacceptable.


Pourquoi ma colère, déjà, n’était pas que ma colère ? Parce qu’en fait, ma colère est aussi une colère très lointaine. C’est-à-dire que les générations de femmes avant moi n’avaient pas le droit d’être en colère. Leur rôle, c’était de servir, de faire bonne figure, de sourire. Je suis vraiment convaincue que nous sommes la première génération de mères qui avons le droit de nous exprimer.

Et ce qui est super intéressant, c’est que la recherche en épigénétique montre que tout se transmet. Donc aussi, tous les traumas émotionnels. En fait, ce qu’on ressent, c’est réel, c’est ancré, mais c’est aussi multigénérationnel. Ce n’est pas juste moi. C’est un héritage. Et cet héritage, il peut remonter très loin.

Combien de femmes de ma lignée ont été brûlées parce qu’elles étaient des sorcières — ou alors ont juste eu des personnes de leur entourage qui ont été brûlées — parce qu’elles disaient trop, parce qu’elles s’exprimaient trop ? Imaginez juste l’injustice, l’incompréhension, la colère qui a pris sa place à cet endroit-là et qui n’a jamais été nommée. Elle n’a pas été nommée, elle a juste été transmise de génération en génération. Et c’est cette colère-là que moi, je me traîne. Et peut-être que toi, tu te la traînes aussi.


Donc ça, c’est la première raison pour laquelle j’avais beau avoir la théorie, je n’arrivais pas à contenir cette colère.

La deuxième raison, c’est que la colère des femmes n’est pas acceptable. Aujourd’hui encore, une femme en colère, c’est une femme qui perd ses moyens. Et malheureusement, on dit encore parfois que c’est une femme hystérique. Il y a encore 120 ans, les femmes étaient enfermées si elles faisaient trop de bruit, parce que c’était considéré comme dangereux.

Aujourd’hui, une femme qui se met en colère, on dit qu’elle perd ses moyens, qu’elle ne se maîtrise pas. C’est honteux. Alors qu’un homme qui se met en colère, il a juste du tempérament. Et au passage, s’il tue sa femme, il a juste dérapé.

En avril 2026, il y a déjà 28 femmes qui ont été tuées par leur compagnon ou ex depuis le début de l’année. Mais bien évidemment, c’est la colère des femmes qui est dangereuse.

Parenthèse. Ou pas, d’ailleurs.

En fait, on entend partout qu’on ne devrait pas être en colère, que c’est mal, que c’est dangereux, qu’il faut mettre la colère sous cloche. Et donc, qu’est-ce qu’on fait ? On essaie de la gérer. Mais en fait, le sujet, ce n’est pas de la gérer, ce n’est pas de la mettre sous cloche. Ce qu’on devrait faire, c’est naviguer avec, et la voir comme un signal — plutôt que comme un truc à terrasser. Parce que, moi, je crois profondément que quand je tais ma colère, quand je la mets sous cloche, eh bien, elle va trouver un autre moyen de s’exprimer. Et dans mon cas, elle s’exprimait clairement à destination de mes enfants.


Ce que j’ai découvert aussi, c’est que, en devenant mère, la colère peut se décupler. Moi, dans mon cas, en devenant mère, j’avais beaucoup plus envie de claquer des portes, de crier. Je me sentais tout le temps en tension. Et pourtant, ce n’était pas lié à mon caractère ou juste à un manque de sommeil. C’était vraiment une explosion émotionnelle.

Et en fait, ce que j’ai découvert, c’est que les mères, particulièrement, ont une accumulation de stress, de charge mentale, de fatigue, de manque de soutien. Et tout ça, ça amène une explosion émotionnelle liée à la surcharge.

Ce que les études montrent, c’est que les mères ont un niveau de stimulation et de charge beaucoup plus élevé que les personnes sans enfant. En parallèle, le cerveau maternel est dans une hypervigilance constante. Et donc, surstimulation plus hypervigilance, vous ajoutez à ça un manque de sommeil et un manque de ressources, les réactions émotionnelles deviennent amplifiées.

Les neurosciences ont mis un terme pour expliquer ça. Ça s’appelle le mom rage, la rage maternelle. Et en fait, la rage maternelle, c’est une réaction du système nerveux en mode survie. C’est une réaction qui est involontaire. Ça se passe dans le cerveau.

Donc, en fait, ce qui se passe, c’est que le corps est en alerte permanente. Le cortex préfrontal, qui est le centre de la régulation émotionnelle, est très fatigué. Donc, il y a beaucoup moins de capacité à réfléchir, à analyser. Et en parallèle, l’amygdale, qui est un peu le capteur du danger, l’amygdale est hyperactive. C’est-à-dire que l’amygdale va détecter du danger même là où il n’y en a pas. Ça peut être les cris, les pleurs, les sollicitations répétées, qui vont être perçues comme une menace.

Donc, en gros, hyperactivation de l’amygdale, l’amygdale dit « alerte, danger. » En parallèle, le cortex préfrontal, il est fatigué. Donc, plutôt que de voir « non mais tout va bien, c’est juste le cri d’un enfant » — non, non : moins de capacité à réfléchir, à analyser, zéro possibilité de réguler les émotions. Conclusion : dans le corps, cortisol élevé, alerte permanente. Et donc, ça provoque un débordement disproportionné. C’est physiologique avant d’être psychologique.

Et ce que j’ai trouvé passionnant, c’est qu’en fait, le mom rage, cette colère maternelle, elle est prédictible — s’il y a deux conditions qui sont réunies. Un, la charge mentale élevée. Deux, la surcharge sensorielle. Je connais assez peu de mères qui ne sont pas concernées par la charge mentale. Et assez peu qui ne sont pas concernées par la surcharge sensorielle. Même si on est tous plus ou moins sensibles.

Moi, perso, je savais, avant d’avoir des enfants, que j’avais un besoin de calme et de silence. Mais depuis que j’ai des enfants, c’est indispensable. Tous les jours : s’il y a une journée entière pendant laquelle je n’ai pas une seule seconde seule, la fin de la journée est très compliquée.

Donc le moment X, c’est quoi ? C’est globalement, en psychologie, on le définit comme une réaction émotionnelle intense liée à un décalage entre les besoins réels de la mère et ses ressources disponibles. En gros, la colère devient un symptôme, et pas un défaut. C’est juste le signal qu’il y a un manque de soutien, de temps, d’espace, de sommeil, de limites, de respiration. C’est vraiment une réaction biologique du système nerveux.


Donc, quand moi, j’ai compris d’où venait cette colère — un besoin insatisfait, une limite dépassée, mon histoire, ce que raconte le collectif sur la colère, un système nerveux en surchauffe — je me suis dit : OK, fine, mais maintenant, qu’est-ce que j’en fais ?

Et donc, je vais te partager le chemin que j’ai pris et ce que ça m’a permis.

Déjà, la première chose, c’est que j’ai légitimé ma colère plutôt que de culpabiliser. Légitimer, ça veut dire juste nommer, déjà. Oui, je suis en colère. Non, je ne suis pas folle, je ne suis pas une mauvaise mère, je suis juste à bout de ressources.

Le but, ce n’est pas de nier la colère ou de ne pas ressentir, c’est même au contraire : c’est de la ressentir pour ne plus lutter contre. Parce que je suis convaincue que plus on lutte contre, plus on essaie de ne pas ressentir, plus ça va sortir de manière énorme, immense, disproportionnée. Donc, légitimer plutôt que de culpabiliser.


Ensuite, la deuxième chose, ça a été de décoder. Comme je le disais avant, la colère peut être un indicateur. Donc, moi, je me suis plutôt demandé : OK, là, dans cette situation, c’est quoi mon besoin qui n’est pas satisfait ? Quelle limite a été dépassée ?

Je vous donne des exemples que j’ai vécus. Par exemple, je suis en train d’avoir une discussion avec quelqu’un et c’est la troisième fois que ma fille vient m’interrompre pour me demander quelque chose. Ça me fait péter un plomb. Je commence à crier en disant : « j’en ai marre, tais-toi, je suis en train de parler. » OK, pause. C’est quoi le besoin ? J’avais un besoin de continuité, j’avais un besoin de partage, j’avais un besoin d’être entendue.

Sinon, la colère en fin de journée, quand c’est le millième « maman » de la journée, mon besoin, c’est quoi ? J’ai besoin de recevoir plutôt que de donner, je n’ai plus rien à donner.

Ou une colère diffuse : c’est-à-dire qu’un verre d’eau renversé et tu commences à dire « ah, purée ! » En soi, ce n’est pas très grave. Mais tu aurais juste pu dire : « ce n’est pas grave, on va essuyer. » Non, là, c’est un « ah » qui sort. Cette colère-là, sans objet précis, elle peut être le signe d’un épuisement profond, d’un besoin de silence, d’un besoin de temps seul, d’un besoin de dormir, d’un besoin de remplir ton réservoir affectif.

Derrière chaque colère, il y a un besoin.


Et donc, une fois que j’ai compris quel était mon besoin insatisfait, il y a deux voies possibles qui se rejoignent.

La première, c’est d’aller remplir ce besoin. Tu as besoin de temps seul ? Va t’en créer. Tu as besoin de silence ? Va te créer des moments de silence. Tu as besoin de remplir ton réservoir affectif autrement qu’avec tes enfants ? Réfléchis à comment tu peux le faire. Est-ce que c’est avec ton conjoint ? Est-ce que c’est avec tes amis ? Est-ce que c’est avec ta famille ? Est-ce que c’est solo ? Ça, c’est la première voie. Remplir ce besoin.

Et puis, la deuxième, ça a été de libérer la colère. Parce que souvent, quand on ne la libère pas, quand on la retient, elle stagne dans le corps. La colère est d’abord une émotion physique. Elle se vit dans le corps. Et donc, il y a plein de pratiques somatiques qui vont permettre de libérer, de faire circuler. Ça peut être l’EFT, ça peut être le shaking, ça peut être crier, danser, marcher. Peu importe : l’objectif, c’est de réguler et, en fait, de faire circuler l’énergie inconfortable.

Moi, je suis vraiment une adepte du shaking — donc le fait de se secouer —, de la danse et de la marche. Et c’est pour ça que, d’ailleurs, dans tous mes espaces, on ne fait pas que parler, on se met toujours en mouvement. Certains appels se font en marchant. Quand je sens qu’il y a une énergie, une émotion — même si ce n’est pas la colère — qui est un peu stagnante, eh bien, on va danser en visio, c’est OK. Pendant les Mamas Break, les mamans qui sont là dansent. Je les fais même parfois crier dehors, dans la colline qui est à côté. Tout ça, ça permet, en fait, de faire circuler et de soulager.


Et puis, la dernière étape de ce chemin que j’ai pris, ça a été de voir la colère comme mon allié plutôt que comme mon ennemi. Parce que la colère qui ne s’exprime pas devient une dépression. La colère qui s’exprime sans but, en fait, c’est juste de la destruction. Mais la colère qui est orientée — donc la colère qu’on voit comme une alliée, dont on comprend pourquoi elle est là — ça devient une force de transformation.

Donc, tu peux te demander : où est-ce que je suis le plus en colère ? Et là où je suis le plus en colère, qu’est-ce que ça révèle sur ce que je veux vraiment ? Sur la vie que je veux construire ? Sur les frontières que je n’ai jamais osé poser ?

Ce que je trouve magnifique, c’est que certaines de mes clientes ont réorganisé leur vie entière à partir de leur colère. Pas à cause d’elle, pas en la taisant — grâce à elle.

Tu n’as pas du tout besoin d’être une mère parfaite pour tes enfants. Une mère qui dit « je suis fatiguée, j’ai besoin d’espace, là c’est trop pour moi », eh bien, elle enseigne aux enfants quelque chose d’inestimable. Le fait que les émotions ont le droit d’exister et qu’on peut y répondre avec conscience plutôt qu’avec honte. Et pour moi, en faisant ça, c’est vraiment transmettre à la génération suivante le fait que notre vie intérieure a de l’importance. Que ma colère n’est pas un défaut. Que c’est juste le signe que je suis une humaine, que je suis une femme vivante, avec des besoins réels, dans un système qui ne les prend pas en compte depuis trop longtemps.

Donc la question, ce n’est pas comment je fais pour ne plus être en colère. La question, c’est comment je fais pour que ma colère m’aide à construire ce que je veux voir dans ma vie.

Et clairement, si je regarde ma vie : c’est grâce à ma colère que j’ai créé ce podcast. C’est grâce à ma colère que j’ai tant appris sur le système nerveux. C’est grâce à ma colère que j’ai quitté un job salarié pour créer mon entreprise. C’est grâce à ma colère que j’ai nommé des choses, des tabous dans ma vie, et notamment des violences. C’est grâce à ma colère que j’ai transformé ma vie sexuelle. C’est grâce à ma colère que je suis montée sur scène pour crier. C’est grâce à ma colère — qu’il n’y ait aucun espace dédié aux mères en tant que femmes — que j’ai créé le Mamas Break.

La colère peut être une boussole magnifique, à condition de la naviguer.


Si cet épisode t’a plu, qu’il te parle, que tu te sens concernée par ce sujet, je t’encourage à faire deux choses.

La première, à te demander, la prochaine fois que tu seras en colère : quel est mon besoin qui n’est pas satisfait ?

Et la deuxième chose, c’est de partager cet épisode à une mère que tu connais et qui vit sa colère de manière honteuse, dans son coin, qui n’ose pas te demander de l’aide parce que, encore une fois, aujourd’hui, la colère est un sujet de honte. Partage-lui cet épisode pour qu’elle se sente moins seule et qu’elle sache quelle direction prendre.

Et puis, si tu veux aller beaucoup plus loin, il y a le Mamas Break, et le prochain sera en octobre. Le Mamas Break, c’est le lieu idéal pour faire un pas de côté, pour te sortir de ton quotidien et te reconnecter à qui tu es, à tes émotions, et pour les valider. Le but, ce n’est pas de revenir en étant une meilleure version. Le but, c’est de revenir en étant toi, avec toutes tes facettes. Donc, le Mamas Break, c’est le week-end de transformation pour les mères, et la cinquième édition sera en octobre. Les premières places sont déjà parties — donc viens m’écrire pour avoir plus d’infos et réserver la tienne.

N’hésite pas également à t’abonner au podcast, et je te dis à très bientôt. Merci pour ton écoute.

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Tu peux relire cet épisode, le noter, y revenir dans trois semaines. Ou tu peux décider aujourd'hui que tu mérites un cadre qui t'aide à avancer pour de vrai. Si tu veux un premier pas concret, commence avec Fais de la place. Et si tu veux qu'on travaille ensemble sur ta direction, ton identité et ta vie dans sa globalité, découvre Traversée.

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